Alliance Canada-UE: le pouvoir de rassembler
Un texte de Brigitte Alepin, professeure en fiscalité à l’Université du Québec en Outaouais.
EXPERTE INVITÉE. Strasbourg — La puissance d’un pays ne se mesure peut-être plus seulement à ce qu’il possède, mais aussi à ceux qu’il parvient à rassembler.
À Strasbourg, cette autre façon d’envisager la puissance s’est imposée dans les discours. Ursula von der Leyen a appelé l’Europe à «réinventer [ses] partenariats» et à «constituer des coalitions mondiales». Mark Carney a défendu ce matin la même logique: «L’Europe et le Canada sont forts. Ensemble, ils sont encore plus forts.»
Pris séparément, ces deux discours racontent une vieille idée: l’union fait la force.
Mis côte à côte, ils soulèvent une question plus audacieuse: si l’union fait la force, celui qui sait créer l’union n’en détient-il pas une clé?
Le Canada, rassembleur?
Nous mesurons traditionnellement la puissance d’un pays à son économie, sa population, son armée, ses ressources naturelles ou sa capacité technologique.
Imaginons pourtant deux pays de poids comparable. Le premier demeure isolé. Le second, lorsqu’un rapport de force s’installe, parvient à réunir dix, vingt ou trente États autour d’une position commune.
À première vue, leur........
