Le déclin olympique du Canada est un problème de leadership
EXPERT INVITÉ. Lors de ma dernière conversation avec la chef de mission d’Équipe Canada, Jennifer Heil, nous avons abordé le leadership sous la pression olympique et la manière d’accompagner les athlètes dans leurs moments les plus intenses et les plus irrationnels. Cette discussion supposait l’existence d’un système capable de les mener à ces moments-là.
Après Milan Cortina, la conversation a changé.
Le Canada a terminé les Jeux olympiques d’hiver avec 21 médailles: cinq d’or, sept d’argent et neuf de bronze. Il s’agit de son plus faible total depuis Salt Lake City en 2002. Le site Own the Podium prévoyait 29 médailles, dont 10 d’or. Le Canada n’en a remporté que cinq. Le pays est resté huit jours sans médaille d’or, une période de huit jours sans médaille d’or, la plus longue depuis 1988. Les équipes masculines et féminines de hockey sur glace ont toutes deux perdu leur match pour la médaille d’or en prolongation contre les États-Unis.
Heil, médaillée d’or en 2006 et d’argent en 2010, a été l’une des voix les plus importantes expliquant non seulement ce qui s’est passé, mais aussi pourquoi cela s’est produit, et quels changements sont nécessaires.
«Dans un contexte inflationniste et avec un budget stable, cela représente une véritable réduction», m’a expliqué Mme Heil. Elle a décrit comment les organisations sportives nationales ont annulé leurs camps d’entraînement et ont eu du mal à conserver leurs meilleurs entraîneurs et scientifiques du sport. Son ton était toutefois mesuré. Elle a l’art de présenter les dures réalités sans dramatiser, laissant les faits parler d’eux-mêmes.
Un moment en particulier l’a marquée. Un docteur en sciences du sport – un vétéran de neuf Jeux olympiques et, selon ses propres termes, « l’un des esprits les plus brillants au monde » – l’a abordée pendant les Jeux pour la remercier d’avoir pris la parole publiquement au sujet des difficultés de financement. Il lui a confié qu’il ne savait pas s’il trouverait un emploi au Canada l’année suivante.
Dans tout système performant, que ce soit dans le sport ou les affaires, le capital intellectuel est difficile à acquérir et facile à perdre. C’est là, pour Heil, le véritable problème de cette situation.
Quand les athlètes paient pour participer
Heil a partagé une statistique qui, selon elle, devrait inciter les Canadiens à la réflexion. D’après le Comité olympique canadien, les athlètes déboursent environ 25 000$ par saison pour financer leurs campagnes olympiques,........
