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L’homme qui a révolutionné le modèle économique de l’Opéra de Montréal

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27.01.2026

EXPERT INVITÉ. Jean-Pierre Primiani, directeur général de l’Opéra de Montréal, a multiplié par dix les revenus philanthropiques en huit ans et bâti un modèle d’affaires où les dons privés dépassent aujourd’hui les recettes de la billetterie.

Quand Primiani débarque à l’Opéra de Montréal en 2011 comme directeur du développement, le paysage de la philanthropie artistique montréalaise est, de son propre aveu, «extrêmement sous-développé».

Aucun service de développement n’existe dans une institution de cette taille, et les organismes culturels vivent essentiellement de subventions publiques. En 2025, Primiani vient d’être nommé directeur général d’une organisation qu’il a profondément transformée, où les dons privés constituent désormais la principale source de revenus, devant la billetterie.

Son parcours vers la direction générale sort des sentiers battus. Fils d’un architecte italien et d’une ingénieure en structures égyptienne – l’une des premières femmes diplômées du programme de génie civil de McGill dans les années 1970 –, Primiani se destine d’abord au chant lyrique.

«J’ai grandi dans l’ouest de Montréal et fréquenté une école française à Outremont, le collège Stanislas», raconte-t-il. «Mes parents tenaient à ce qu’on ait une formation complète en arts.»

Après des études de littérature italienne à McGill et une formation vocale professionnelle, il se heurte à la dure réalité que connaissent bien des artistes.

«À trente ans, j’ai tiré un trait sur la chanson comme carrière. Ma femme m’a dit: « Bon, ça suffit maintenant, il est temps de te trouver un vrai travail »», se souvient-il.

Primiani ne veut toutefois pas tourner complètement le dos au monde des arts. Il entreprend un MBA en gestion d’entreprises culturelles à HEC Montréal tout en travaillant comme adjoint au directeur général de l’opéra.

«J’ai eu la chance, pendant ces deux années d’études en marketing, de pouvoir appliquer directement mes........

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