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Tarif 2.0 : quand Trump revient à la charge 

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21.01.2026

EXPERT INVITÉ. Ce qui se joue aujourd’hui au Groenland dépasse largement la question des droits de douane. Le commerce international est devenu un instrument explicite de rapport de force géopolitique, et l’Europe se retrouve désormais en première ligne face à une stratégie américaine assumée de coercition économique. Dans ce nouveau régime, marchés, secteurs et allocations doivent être relus à travers un prisme unique : celui d’un monde où la politique dicte désormais le prix du risque. Synthèse et analyse. 

Le week-end a clarifié une chose : on n’est plus dans une guerre commerciale classique, mais dans une diplomatie tarifaire assumée.  

Donald Trump lie désormais ouvertement des droits de douane à un objectif géopolitique — l’acquisition du Groenland — en menaçant huit pays européens (Danemark, Norvège, Suède, France, Allemagne, Royaume-Uni, Pays-Bas, Finlande) d’un tarif additionnel de 10 % dès le 1er février, porté à 25 % en juin si aucun «deal» n’est trouvé.  

Le marché comprend immédiatement le risque : si la politique devient la variable centrale, la prime de risque remonte, et la visibilité sur les profits se dégrade.  

Résultat mécanique : baisse des marchés européens, repli des futures US (les marchés américains étaient fermés hier), et rotation vers les actifs refuges.  

Et ce point est essentiel : cette menace arrive alors que l’UE avait déjà accepté un cadre tarifaire «imparfait» sur une partie de ses exportations, ce qui transforme la séquence actuelle en escalade plutôt qu’en négociation normale. 

Il y a plusieurs canaux macroéconomiques qui vont être impactés.  

Le premier canal est évident : les exportations. Selon des estimations citées par Bloomberg Economics, si le tarif de 25 % est appliqué, il pourrait réduire jusqu’à 50 % les exportations vers les États-Unis des pays ciblés, avec l’Allemagne, la Suède et le Danemark parmi les plus exposés.  

Le second canal est souvent sous-estimé : l’incertitude. Quand les entreprises ne savent plus si une taxe de 10 % devient 25 % en quatre mois, elles gèlent les décisions marginales : CAPEX, embauches, investissements commerciaux, et parfois chaînes d’approvisionnement.  

Le troisième canal est financier : une escalade transatlantique remet en jeu la rotation “Europe vs US” que l’on observait depuis plusieurs semaines, et peut provoquer une correction rapide si la lecture “deal rapide” disparaît.  

Enfin, le canal politique : l’UE est contrainte de répondre collectivement, ce qui augmente le risque de spirale de représailles. 

Plusieurs secteurs devraient être impactés dans un premier temps, dont :  

Depuis le week-end, les marchés ne lisent plus ces annonces comme un simple épisode de volatilité politique, mais comme un changement de régime dans la manière dont le commerce international est utilisé. 

La première chose que le marché commence à “pricer” (anticiper), c’est une hausse durable de la prime de risque européenne, non pas liée aux fondamentaux économiques immédiats, mais à l’instabilité des règles du jeu. 

Concrètement, cela se traduit par une pression persistante sur les multiples des secteurs exportateurs, même en l’absence de dégradation immédiate des bénéfices. 

Le message implicite est clair : dans un monde où les tarifs peuvent passer de 10 % à 25 % en quelques mois pour des raisons géopolitiques, la visibilité devient un actif rare — et donc cher. 

À l’inverse, certaines poches du marché bénéficient déjà d’un début de revalorisation relative. 

Les thématiques de souveraineté — défense, énergie, infrastructures critiques, cybersécurité — apparaissent de plus en plus comme des “actifs quasi-politiques”, moins exposés au risque de coercition externe et parfois même soutenus par la fragmentation du monde. 

Les actifs refuges jouent également leur rôle, non pas dans une logique de panique, mais de........

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