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Faut-il traiter 24 heures sur 24 sur les marchés?

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17.10.2026

EXPERT INVITÉ. La Bourse a longtemps reposé sur une convention simple: quelques heures de cotation, une clôture commune et une nuit pendant laquelle chacun pouvait reprendre son souffle. Cette convention est aujourd’hui attaquée par la crypto, les plateformes de courtage, la tokenisation et, désormais, les agents d’intelligence artificielle qui peuvent surveiller un marché sans jamais dormir. La vraie question n’est donc plus de savoir si la technologie permet d’ouvrir 24 heures sur 24, mais si les investisseurs ont intérêt à le faire. Synthèse et analyse.

Le 29 septembre, Robinhood a annoncé son intention d’ouvrir, sous réserve de l’accord des régulateurs, la négociation de certaines actions et fonds indiciels américains pendant les week-ends.

La plateforme propose déjà son «marché 24 heures», actif du dimanche 20 heures au vendredi 20 heures, sur plusieurs centaines de titres et de fonds. La nouveauté est donc de combler le seul trou restant: le samedi et le dimanche.

Les transactions de fin de semaine seraient exécutées via Bruce ATS, un système alternatif de négociation doté de ses propres apporteurs de liquidité. Robinhood a aussi annoncé l’arrivée de contrats perpétuels sur cryptomonnaies et de contrats permettant de prendre position sur certains indicateurs publiés par les entreprises.

Mais l’annonce qui mérite le plus d’attention concerne ses agents d’intelligence artificielle. Depuis mai, plus de 150 000 clients ont ouvert un compte destiné à un agent, et ces agents utilisent déjà les outils de Robinhood près de 30 millions de fois par jour.

La prochaine étape, baptisée «Loops», permettra de donner à un agent une instruction permanente: surveiller une condition, puis acheter, vendre ou modifier un ordre lorsque cette condition est remplie.

Ce n’est plus seulement une extension d’horaires, c’est la mise en place d’une chaîne où l’information, la décision et l’exécution peuvent fonctionner en continu.

Une Bourse ouverte n’est pas forcément un marché liquide

Il faut d’abord distinguer une plateforme accessible 24 heures sur 24 d’un véritable marché profond 24 heures sur 24.

Ouvrir un carnet d’ordres ne garantit ni la présence d’un acheteur, ni celle d’un vendeur, ni surtout un prix raisonnable entre les deux.

La liquidité naît de la concentration simultanée des investisseurs, des teneurs de marché, des banques, des fonds et des arbitragistes.

C’est précisément pour cette raison que la clôture reste, aujourd’hui encore, le moment de référence pour de nombreux indices, fonds et contrats de dérivés.

Pendant les heures creuses, les écarts entre le meilleur prix acheteur et le meilleur prix vendeur s’élargissent généralement, tandis qu’un ordre modeste peut déplacer davantage le cours.

Un marché ouvert en permanence peut donc donner une impression de liberté tout en rendant l’exécution plus coûteuse.

La promesse est séduisante lorsqu’une annonce politique tombe un dimanche soir ou lorsqu’un choc géopolitique éclate en Asie. Mais pouvoir agir immédiatement ne signifie pas nécessairement qu’il faut agir immédiatement.

La bonne mesure du progrès ne sera pas le nombre d’heures affichées par une application, mais la qualité du prix auquel l’investisseur pourra réellement traiter.

Les machines sont déjà aux commandes

Le débat ne doit pas laisser croire que les marchés américains sont encore pilotés par des êtres humains qui se passeraient le relais à l’ouverture et à la clôture.

Depuis longtemps, les algorithmes découpent les ordres importants, affichent des prix, couvrent les risques et arbitrent les écarts entre actions, contrats à terme, fonds indiciels et options.

Dès 2010, la Securities and Exchange Commission estimait que les opérateurs à haute........

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