Et si votre saumon devenait plus cher à cause de la guerre en Iran?
EXPERT INVITÉ. Et si votre saumon devenait plus cher… non pas en raison d’un problème de pêche ou de demande, mais à cause d’un conflit géopolitique à des milliers de kilomètres de votre assiette?
C’est précisément ce que révèle la guerre en Iran, qui transforme progressivement un choc énergétique en une hausse tangible du coût de l’alimentation quotidienne.
Car derrière chaque produit frais, en particulier les produits importés, comme le saumon ou les fruits exotiques, se cache une chaîne logistique longue, fragmentée et extrêmement dépendante du prix du diesel.
Avec un baril en forte hausse et un diesel en progression de plus de 40%, chaque maillon de cette chaîne — du transport terrestre à l’aérien — voit ses coûts augmenter de manière significative.
Résultat: les distributeurs n’ont d’autre choix que d’introduire des surcharges ciblées, notamment sur les produits les plus sensibles au temps et à la logistique.
Un saumon élevé en Patagonie, par exemple, parcourt des milliers de kilomètres entre élevage, transport routier, fret aérien et distribution finale, et chaque étape intègre désormais un surcoût énergétique.
Mais faut-il s’attendre à une hausse immédiate et visible en rayon? Pas nécessairement, car ces ajustements mettent du temps à se diffuser dans l’ensemble de la chaîne de valeur.
Cependant, les relations historiques sont claires: une hausse durable des coûts de transport finit toujours par se traduire par une inflation alimentaire mesurable.
Dans un environnement où les consommateurs sont déjà sous pression, cette nouvelle vague de hausses pourrait modifier les comportements de consommation, notamment sur les produits non essentiels.
Autrement dit, derrière le choc énergétique actuel, c’est une inflation plus diffuse, plus progressive, mais tout aussi réelle, qui est en train de s’installer dans l’économie du quotidien.
