L’automobile, une industrie malmenée qu’il faut appuyer
CHRONIQUE. Voyant le Canada comme un vassal à annexer, Donald Trump profite de toutes les occasions pour nous attaquer. Sa dernière menace : bloquer le nouveau pont Gordie-Howe, qu’Ottawa a payé à 100 % et dont le Michigan sera propriétaire à 50 %, ce qu’il avait oublié. Il l’avait pourtant qualifié de « lien économique vital » en 2017.
Fâché de l’entente conclue entre Mark Carney et Xi Jinping, l’empereur américain menace les voitures canadiennes d’un tarif de 100 % si le Canada va de l’avant avec cet accord. Ce dernier permettra au Canada d’importer 49 000 voitures électriques chinoises de moins de 35 000 $ et touchées par un tarif de 6,1 %, et à la Chine de bénéficier d’un meilleur accès au canola et aux produits de la mer canadiens. Carney ignore cette menace. Revenu frustré de Davos et revanchard, Trump est jaloux de l’accueil chaleureux reçu par le premier ministre canadien.
Les États-Unis imposent déjà des tarifs douaniers de 25 % sur les véhicules construits au Canada non conformes à l’ACEUM (accord commercial Canada, États-Unis, Mexique), qui requiert un contenu nord-américain d’au moins 75 % de la valeur d’un véhicule. Le Canada fait de même avec un contre-tarif de 25 % sur les véhicules américains non conformes à l’ACEUM. C’est stupide, direz-vous. Oui, absolument. Ce l’est même deux fois. Primo, les consommateurs des deux pays paient plus cher pour les véhicules non conformes. Secundo, les constructeurs perdent des économies d’échelle, ce qui accroît leurs coûts de production. C’est contraire au fonctionnement l’industrie nord-américaine de l’automobile depuis 60 ans.
Celle-ci est l’une des plus intégrées à l’échelle du monde. Cette intégration bénéficie aux........
