Gestion de l’offre: c’est la souveraineté alimentaire et l’occupation du territoire, stupide!
ANALYSE GÉOPOLITIQUE. La saison de la chasse est ouverte pour affaiblir ou abolir la gestion de l’offre au Canada dans la production de lait, d’œufs et de la volaille. De la part de l’administration de Donald Trump, mais aussi d’analystes et de groupes de réflexion, des deux côtés de la frontière, qui y voient une entorse au libre marché. Or, tout ce beau monde a un gros angle mort: la souveraineté alimentaire et l’occupation du territoire.
Bref, pour paraphraser la célèbre expression de James Carville, stratège de l’ex-président Bill Clinton durant la présidentielle de 1992 en décrivant l’enjeu fondamental de cette campagne («It’s the economy, stupid!»), mais appliqué à notre présent débat sur l’avenir de la gestion de l’offre au Canada:
C‘est la souveraineté alimentaire et l’occupation du territoire, stupide!
Trop souvent, on ramène le débat sur l’existence de la gestion de l’offre à l’accès limité au marché canadien (pour les Américains, les Européens et les Asiatiques) ou à une question de choix individuel (pour les opposants à ce système), c’est-à-dire le prix des produits à l’épicerie.
Certes, si on faisait disparaître la gestion de l’offre d’un coup de baguette magique, le prix du litre de lait, de la douzaine d’œufs et de la barquette de poitrines de poulet au supermarché diminuerait.
Bref, vous auriez plus d’argent dans vos poches.
Cette somme s’élèverait en moyenne à 224$ par personne par année au Canada, si l’on se fie à une analyse publiée le 18 juin par l’Institut économique de Montréal (IEDM), un groupe de réflexion, qui s’intitule «La gestion de l’offre appauvrit la population canadienne».
Ce montant de 224$ est le coût supplémentaire que nous payons au Canada, vous et moi, pour acheter du lait, des œufs et du poulet par rapport au prix que paie l’Américain moyen, dans le Midwest, pour se procurer les mêmes produits.
La gestion de l’offre nous coûte 61 cents par jour
«Cette différence est de 224$ par an pour un individu moyen, ce qui représente le coût de la gestion de l’offre», conclut l’IEDM.
Donc, si on abolissait ce système, on aurait 224$ de plus dans nos poches, en moyenne, par année. Ou 61 cents par jour.
Certes, c’est minime, vous me direz.
Toutefois, en proportion du revenu disponible, cette ponction d’argent en raison de la gestion de l’offre affecte davantage les pauvres que les riches, souligne avec justesse l’analyse de l’IEDM.
«Le surcoût lié à la politique de la gestion de l’offre représente 1,25% des revenus des ménages au bas de l’échelle, comparativement à seulement 0,3% de ceux des ménages en haut de l’échelle», peut-on lire dans le document.
Selon l’IEDM, cette différence tient notamment au type d’aliments et de la quantité des produits consommés qui varient selon le budget des consommateurs.
La gestion de l’offre encadre notamment la........
