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La mine et nous

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21.09.2026

EXPERTE INVITÉE. Quand on rénove une cuisine, on a hâte de voir le résultat. La poussière, le bruit et les boîtes dans le salon nous enthousiasment beaucoup moins. On veut ce que le chantier rend possible, mais on préférerait souvent que le chantier se passe ailleurs.

J’observe ce même réflexe quand on parle des mines. On veut des téléphones, des centres de données, des réseaux électriques, des batteries pour nos appareils électroniques et nos véhicules, ainsi que des équipements médicaux et sportifs. On veut des maisons, des condos et des infrastructures. On veut aussi des produits qui, en apparence, ne dépendent pas de minéraux, comme des vêtements, de la vaisselle et des meubles, sans réaliser que sans minéraux, point de production manufacturière.

Mais quand vient le temps de parler des minéraux nécessaires pour les fabriquer, le fameux « pas dans ma cour » n’est jamais bien loin.

Évidemment, une mine n’est pas une rénovation de cuisine. Dans les régions minières, les effets d’un projet se vivent longtemps et de très près. Les questions des communautés sont donc légitimes. Ce que je trouve plus difficile, c’est l’idée qu’on pourrait continuer de consommer de la même façon, voire davantage, tout en laissant à d’autres le soin de produire ce dont nous avons besoin.

Depuis que je travaille dans le secteur minier, je suis placée devant ce paradoxe. Les minéraux sont partout autour de nous, mais ils restent presque invisibles. On retrouve les objets finis sur une tablette. On voit rarement tout ce qu’il a fallu extraire, transformer et transporter avant qu’ils arrivent entre nos mains.

C’est un peu comme vouloir que les rues soient déneigées avant le........

© Les Affaires