Les milléniaux ont raison de s’inquiéter financièrement
EXPERT INVITÉ. Un sondage publié cette semaine par RBC indique que la majorité des milléniaux se sentent pris entre deux feux: payer leurs dépenses mensuelles ou épargner pour l’avenir.
Plus de la moitié disent qu’il ne leur reste peu (ou pas) d’argent une fois leurs factures payées. Les deux tiers s’inquiètent de leur avenir financier. Ce résultat n’a rien de surprenant, il se vérifie à peu près à tous les âges. Ce qui est intéressant, c’est ce qu’il révèle.
On entend souvent dire que les milléniaux devraient mieux gérer leur argent.
3- Renoncer aux petits luxes.
En as-tu vraiment besoin? Ce discours est connu et il a un avantage: il est simple.
Mais la réalité est que les milléniaux doivent épargner dans un environnement beaucoup plus exigeant que celui de leurs parents. Le coût du logement a explosé. De moins en moins de travailleurs ont accès à un régime de retraite garanti. L’épargne pour la retraite repose donc de plus en plus sur les individus.
En théorie, chacun est responsable de sa sécurité financière. Personne ne tient à être un fardeau pour l’État. En pratique, cela veut dire qu’il faut commencer à épargner tôt et souvent beaucoup.
C’est là que les muscles faciaux se tendent.
Les dépenses mensuelles sont élevées et souvent difficiles à comprimer. Le logement absorbe une part de plus en plus grande du revenu. Les taux d’intérêt ont monté (et ce n’est peut-être pas fini). L’épicerie coûte plus cher. Le coût des assurances augmente…
Quand le budget est serré, l’épargne devient une décision difficile, même pour quelqu’un de discipliné.
Ce que je trouve intéressant dans ce sondage, c’est l’impression très répandue de ne pas avancer. Beaucoup de milléniaux travaillent, paient leurs factures et font des efforts pour économiser, mais ont l’impression que c’est insuffisant. Cette impression n’est pas nécessairement fausse. Le niveau d’épargne requis pour maintenir un niveau de vie raisonnable à la retraite peut être élevé.
Et la route est longue…
Il y a aussi un élément psychologique.
L’épargne est invisible. On ressent tous immédiatement l’effet des dépenses, mais les bénéfices de l’épargne se font sentir des années plus tard. Si vous mettez 200$ de côté, rien ne change dans votre vie de tous les jours. Mais comme vous savez, avec le temps, ces montants peuvent prendre une grande importance. Le problème est que le court terme est toujours plus concret que le long terme.
Ça ne veut pas dire que la situation est désespérée. Au contraire, la majorité des milléniaux semblent comprendre l’importance d’épargner et d’investir. C’est déjà un bon départ.
Les générations précédentes pouvaient compter davantage sur l’État ou leur employeur. Aujourd’hui, la responsabilité est plus individuelle, mais la conscience financière est souvent plus grande.
Le sondage RBC ne montre pas une génération incapable de gérer son argent. Il montre plutôt une génération consciente des défis qui l’attendent. Dans un certain sens, cette inquiétude est saine. Les gens qui s’inquiètent de leur avenir financier sont souvent ceux qui finissent par s’en sortir le mieux.
Le véritable danger n’est pas de s’inquiéter, mais de ne pas poser les gestes qu’il faudrait en lançant la serviette. Une consultation avec un planificateur financier pourrait être éclairante à ce chapitre.
Lâchez pas les jeunes, vous avez toute la vie devant vous!Pour connaître les détails du sondage, cliquer ici.
