Le plus grand choc à la retraite, ce n’est pas l’argent
EXPERT INVITÉ. Quand on parle de retraite, on parle presque toujours d’argent. Allez-vous en avoir assez? Avez-vous bien investi? Risquez-vous d’en manquer?
C’est normal et c’est important. Mais ce n’est pas nécessairement là que le plus grand choc se produit.
Puis, tout à coup, après votre dernière gorgée de café, une question toute simple peut facilement devenir lourde :
De quessé que je fais aujourd’hui?
Pendant des années — même des décennies —, votre vie était structurée. Votre horaire, vos responsabilités, vos interactions… un tas de choses tournaient autour de votre travail. Même vos vacances étaient bien encadrées.
À la retraite, tout ça disparaît du jour au lendemain. Plusieurs personnes n’anticipent pas cette espèce de vide. Parce qu’elles pensent à l’argent, mais elles oublient de penser au « big picture ».
Certains s’adaptent très bien. Ils ont des projets, des passions, des gens autour d’eux. Mais pour d’autres, la transition est brutale. Ils réalisent à quel point leur identité était fortement liée à leur travail, qu’ils étaient « quelqu’un » à travers ce qu’ils faisaient.
J’ai eu une bonne conversation à ce sujet avec ma conjointe la semaine dernière. qui a décidé de prendre une préretraite. Même à quatre jours semaine, elle avait peur de ce sentiment de se sentir moins utile. J’imagine ce que ce sera à la retraite complète…
Je la comprends, ce n’est pas toujours évident.
Ce n’est pas une question d’être paresseux. C’est une question de ne plus avoir de cadre.
Un autre élément sous-estimé : vos relations. Votre travail, c’est aussi un réseau social. Vos collègues, vos échanges, vos discussions informelles. À la retraite, plusieurs de ces liens disparaissent, simplement parce que la vie continue sans vous dans ce rôle-là.
Et ça peut créer un sentiment d’isolement, même chez des gens bien entourés.
Alors non, le plus grand risque à la retraite n’est pas nécessairement financier. C’est de vous retrouver avec du temps sans savoir quoi en faire, avec de la liberté, mais sans direction.
La bonne nouvelle, c’est que ça se prépare. Pas avec un portefeuille, mais avec une réflexion. Qu’est-ce qui vous stimule? Qu’est-ce qui vous donne un sentiment d’utilité? Avec qui voulez-vous passer votre temps?
Ce sont des questions que vous devriez vous poser bien avant la retraite, pas le lundi matin où tout s’arrête. Votre planificateur financier devrait vous avoir posé ces questions en priorité.
Oui, les premières semaines peuvent être exaltantes. Mais après quelques mois à jouer 10 parties de golf par semaine, votre rêve de retraite va peut-être changer.
Parce que réussir votre retraite, ce n’est pas seulement une question d’argent. C’est avoir une raison de vous lever le matin.
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