Noma: redonner un visage aux enfants
Hadiza est assise sur un lit d’hôpital aux côtés de sa fille de douze ans, Maryam, à l’hôpital pour enfants atteints du noma, soutenu par Médecins Sans Frontières (MSF), dans l’Etat de Sokoto, au Nigeria. Ce matin, la salle de réveil est en pleine effervescence. Chirurgiens et infirmières circulent entre les lits, examinant les patient·es en convalescence. Parmi eux, le docteur Muhammad Abdullahi, chirurgien du Ministère de la santé, examine Maryam au lendemain de son opération reconstructive du nez. «J’ai toujours eu un seul souhait. Qu’elle puisse se faire opérer», confie Hadiza. A côté d’elle, la jeune fille tripote nerveusement son tablier en écoutant sa mère. Sa narine gauche, fraîchement opérée, est recouverte de pansements et maintenue par un conformateur nasal destiné à préserver la forme de son nez reconstruit. Maryam attendait ce moment depuis dix ans.
Elle n’avait en effet que 14 mois lorsqu’une infection fulgurante a détruit la moitié de son nez, progressant lentement vers l’autre. Hadiza a rapidement soupçonné le noma, après avoir discuté avec des membres de sa famille qui en avaient entendu parler grâce aux agents de santé de MSF. Elle a conduit sa fille au Noma Children Hospital de Sokoto, où l’intervention rapide de l’équipe médicale, combinant antibiotiques et pansements, a stoppé la progression de la maladie vers le reste du visage. Sans ces soins immédiats, les conséquences auraient pu être bien plus graves, voire mortelles.
Une maladie foudroyante et méconnue
Le noma est une infection non contagieuse qui débute par une simple inflammation des gencives. En quelques jours, la maladie se propage de manière foudroyante, détruisant les tissus et les os du visage. Sans traitement, le taux de mortalité atteint 90%, tandis qu’une prise en charge précoce suffit à interrompre l’infection. Cependant, les survivant·es conservent de graves séquelles qui rendent l’alimentation, la parole, la vision et la respiration extrêmement difficiles. Leur avenir reste marqué par la douleur, le handicap et la stigmatisation sociale.
La cause........
