«Beat Jans ne doit pas se détourner de sa responsabilité»
Quelles seraient les conséquences pour la Suisse, pour le droit d’asile et pour les droits humains si une conseillère ou un conseiller fédéral·e UDC prenait la tête du Département fédéral de justice et police (DFJP) en charge de la migration? Cette question se pose depuis que l’UDC a annoncé qu’elle «accordera une attention particulière, dans le cadre de la succession de Guy Parmelin, à la capacité des candidat·es d’assumer la responsabilité de direction du DFJP».
Poser la question, c’est y répondre: placer la migration sous le joug de l’UDC représente une menace directe pour les conditions de vie et les perspectives d’enfants, de jeunes, de femmes et d’hommes déjà marqués par l’exil et les traumatismes de la fuite. La marge de manœuvre de la conseillère ou du conseiller fédéral·e est en effet non négligeable, puisque de nombreuses décisions en matière d’asile et de migration sont de nature purement administrative et n’ont besoin ni de l’aval du gouvernement ni de celui du parlement. C’est particulièrement le cas en matière de régularisation des personnes sans-papiers, de renvois «Dublin» de personnes malades ou ayant des proches en Suisse, ou encore de recours à la détention administrative, y compris pour enfermer des enfants.
Un chaos orchestré. L’exemple de Christoph Blocher, le seul conseiller fédéral UDC à avoir jamais mis la main sur le DFJP, montre que les risques sont réels et signifient une restriction des droits des migrant·es. A peine deux ans après l’entrée en fonction........
