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Palestine, «viva la muerte»

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sunday

Comment un homme ou un peuple peut-il s’emparer d’un territoire immense et en priver tout le genre humain autrement que par une usurpation punissable, puisqu’elle ôte au reste des hommes le séjour et les aliments que la nature leur donne en commun?

Rousseau, Du contrat social, I.9

L’effacement territorial, militaire et politique de la Palestine est programmé depuis 80 ans. Des voix innombrables s’élèvent depuis aussi longtemps pour dénoncer l’injustice faite aux Palestinien·nes: terrorisme, nettoyage ethnique, apartheid et génocide. Rien ne semble en mesure d’arrêter le rouleau compresseur armé de la Torah qui avance méthodiquement depuis tant d’années en piétinant ouvertement le droit international.

Comment un tel processus, aussi contraire à la plus simple équité, peut-il durablement être toléré? Tenter de répondre à cette question implique de conjuguer de nombreux paramètres: génocide des juifs d’Europe perpétré par les nazis, complicités coloniales, islamophobie, antijudaïsme chrétien, antisémitisme, instrumentalisation de l’antisémitisme… Tout cela est parfaitement connu et documenté.

On ne peut certes pas reprocher à Israël de dissimuler son objectif: l’effacement de la Palestine et des Palestinien·nes est ouvertement revendiqué et militairement mis en œuvre par les différents gouvernements qui se sont succédé. La franchise des énoncés n’exclut pas une propagande solidement relayée à travers le monde, mais elle nie rarement la volonté d’effacement total de la Palestine.

La propagande israélienne ne brille pas par son originalité, mais elle bénéficie d’un grand mouvement de fascisation du monde dont elle fait partie, qu’elle alimente, et dont la puissance – financière, politique, médiatique – provoque un irrépressible sentiment de dégoût doublé d’un autre, tout aussi puissant, d’impuissance. Chaque jour, par exemple, les médias et les conversations tournent en boucle autour des faits et gestes de Trump, de ses déclarations, décisions, revirements, contradictions, reniements, délires. La cadence fantastique d’annonces tout aussi fantastiques, la promotion de «vérités alternatives» et le désordre effréné imposé au langage diffusent un brouillard permanent qui rend la réalité difficile à percevoir, à interpréter, difficile par conséquent à critiquer, à contrecarrer et à combattre. Inutile donc de se demander si Trump est un pitre, un malade, un escroc, un mafieux, un criminel, un imbécile ou un salaud. Il est tout cela à la fois. L’important est que ses incohérences captent notre attention et paralysent notre capacité d’action.

La hasbara israélienne s’inscrit dans ce néofascisme planétaire. Et, comme toute propagande, elle procède par tripotage du langage.

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