Berne méprise (une fois de plus) les assuré·es
Le financement des soins agite le monde politique qui, faute de proposer une véritable réforme, laisse les majorités de droite faire reposer un fardeau croissant sur les assuré·es. Rappelons que, depuis l’entrée en vigueur de la loi sur l’assurance-maladie (LAMal) en 1996, la Suisse dispose d’un financement hybride du système de santé: une couverture universelle gérée par des compagnies d’assurance privées, financée par des primes per capita – hélas non proportionnelles au revenu – et un financement par des fonds publics, en particulier l’impôt cantonal. L’adoption du financement «moniste», entériné par la votation de novembre 2024, est venue renforcer le poids des primes au détriment des cantons.
Chaque année en septembre, la population retient son souffle en attendant l’annonce d’une hausse des primes d’assurance-maladie, sur laquelle ne s’exerce aucun contrôle démocratique. La Suisse est déjà équipée de deux mécanismes censés renforcer la «responsabilité individuelle» des patient·es et contribuer à une meilleure maîtrise des coûts de la santé: la quote-part (10% de participation aux frais jusqu’à concurrence de 700 francs) et la franchise (montant à charge de l’assuré·e avant tout remboursement de frais médicaux). C’est précisément cette franchise que le parlement veut augmenter, sur une proposition du Conseil fédéral1>Ce projet fait suite à une motion de........
