Suisses bloqués à l’étranger: Berne n’a pas à payer leur ticket retour
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Deux cent onze chanceux sur le tarmac de Kloten. Deux cent onze Suisses si soulagés au moment de fouler le sol zurichois, dans un pays en paix. Pour arriver à grimper dans cet avion, cela a été un parcours du combattant qui a coûté très cher. Le prix à payer par ces voyageurs bloqués au Moyen-Orient depuis le début de la guerre contre l’Iran pour échapper à ces jours angoissants. Mais deux cent onze, c’est une goutte d’eau sur les plus de 5000 Suisses à avoir annoncé leur envie de rentrer au pays.
Depuis le week-end dernier, certains de ces voyageurs pris au piège laissent éclater leur frustration, voire leur colère, face à ce qu’ils considèrent au mieux comme de l’inaction, au pire comme un abandon de la mère patrie, qui ne ferait rien pour les aider. Coups de téléphone aux ambassades qui sonnent dans le vide, pas d’option de transfert proposée, pas d’avion affrété pour aller les chercher. L’incompréhension est totale.
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A ses risques et périls
Pourtant… même si l’on peut entendre le stress, les craintes et le poids de l’incertitude, est-ce à la Confédération de venir au secours de ces citoyens en vacances? Est-ce à la Confédération d’organiser et de financer leur ticket retour? La loi est très claire: la réponse est non. Toute personne partant en vacances ou en voyage d’affaires le fait à ses risques et périls. C’est une question de responsabilité individuelle, si chère à la Suisse.
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Au-delà de la loi, il s’agit aussi d’une nette volonté politique, affichée ces derniers jours encore dans la salle des pas perdus. Difficile en effet de trouver des élus pour s’offusquer ouvertement de l’action – ou de l’inaction – du DFAE. Tout au plus concède-t-on qu’une meilleure communication serait bienvenue. Et que Berne devrait chercher des solutions pour les cas d’urgence, en travaillant étroitement avec Swiss et nos pays voisins. Des changements sur la forme donc, pas sur le fond. D’autant que cette guerre n’était pas totalement inattendue. «On ne part pas en montagne un jour de tempête et sans équipement», fait valoir une élue. Autrement dit: on évite de passer ses vacances de février à un jet de pierre du pays des mollahs.
Si elle devait avoir un mérite, cette crise rappelle en tout cas aux Suisses que la tranquillité sous nos contrées ne doit pas faire oublier les turbulences internationales. Les experts en sécurité nous le disent depuis des mois: le monde a changé, mais les Suisses ne semblent pas s’en rendre compte, comme s’ils vivaient dans une bulle. Il semblerait qu’elle vient d’éclater.
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