Face aux extrêmes, la fin des cordons sanitaires (et du centre macroniste) en France
Créez-vous un compte gratuitement et retrouvez les contenus que vous avez sauvegardés.
Déjà un compte ? Se connecter
Ces élections municipales françaises devaient aussi servir de thermomètre en vue du vote suprême, la présidentielle de 2027. Dans cette optique, les observateurs qui savent lire entre les lignes n’auront pas été déçus par les riches enseignements qu’ils peuvent tirer du premier tour de ce dimanche. Les succès des extrêmes montrent en effet à qui en doutait encore qu’il faudra faire avec eux sur le long terme, quels que soient les scandales et les polémiques. Et que, sur ce chemin, les cordons sanitaires, barrages et autres fronts républicains ne pèsent plus bien lourd. Pour ne pas dire qu’ils ont définitivement cédé.
Créez-vous un compte gratuitement et retrouvez les contenus que vous avez sauvegardés.
Déjà un compte ? Se connecter
Certes, le Rassemblement national et son passé post-fasciste ou La France insoumise (LFI) et ses liens avec des groupes violents augmentés de sous-entendus antisémites ne semblent pas devoir gagner énormément de nouvelles grandes mairies au bout du compte. Mais ils pèsent désormais si lourd qu’ils forcent les partis plus modérés à les prendre en compte.
Ainsi, à Paris, Rachida Dati a dû ménager l’extrême droite tout en cherchant à convaincre les centristes. C’est bien ce très large alliage qu’elle qualifiait dimanche soir d’alternance avant de signer une fusion exclusive avec le centre droit. A Nice, c’est la droite qui s’allie le plus franchement avec le RN qui a le vent en poupe, pas celle qui tend vers le centre. Et à Marseille, le candidat lepéniste n’a même pas besoin de séduire davantage la droite traditionnelle pour être menaçant: il l’a tant siphonnée qu’il est une union des droites à lui tout seul.
Quant à l’extrême gauche, en se maintenant dans de nombreux seconds tours et en exigeant la fusion des listes en vue de dimanche prochain, elle démontre que, quels que soient ses dérapages, elle pèse tant dans les quartiers populaires que socialistes et écologistes auront toujours du mal à gagner sans elle. A Toulouse, c’est même le candidat Insoumis qui sera le visage de la liste de gauche unie avec l’accord des socialistes. Le barrage anti-LFI voulu par la droite, le centre et certains sociaux-démocrates a bien du mal à voir le jour.
Ce rôle incontournable des extrêmes implique une telle polarisation du paysage politique français qu’il pourrait bien redevenir bipolaire, entre une union des droites et une gauche qui devra composer avec les mélenchonistes. Les centristes et autres macronistes, eux, ne pèsent plus grand-chose. Dans ces élections municipales, on se demande même où ont bien pu passer les disciples d’Emmanuel Macron. Si tant est que cette famille politique ait vraiment existé un jour en dehors de l’ombre du personnage présidentiel.
Créez-vous un compte gratuitement et retrouvez les contenus que vous avez sauvegardés.
Déjà un compte ? Se connecter
