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La démocratie en danger

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15.02.2026

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Selon son étymologie, la démocratie se définit par le pouvoir du peuple. Elle exige que les citoyens, libres et tous égaux en droit, votent eux-mêmes les lois qu’ils auront à respecter, soit par délégation à des représentants soit en intervenant directement comme en Suisse. Les élus, conscients du devoir qui leur est conféré, doivent l’utiliser pour faire avancer le bien commun, sans chercher à en tirer un profit personnel, de quelque nature soit-il. Un climat de transparence de la gestion publique, associée à une information pluraliste et accessible, doit permettre au peuple de juger l’action de ses politiques afin de les reconduire ou non. Ce système simple en apparence est en réalité une mécanique à haute complication. Actuellement, de nombreux rouages grincent, dysfonctionnent ou sont en panne.

Différents sondages montrent que la confiance sur laquelle repose tout le dispositif est en train de s’éroder. Le 17e baromètre du Centre de recherches politiques de Sciences Po (Cevipof) publié le 9 février met en lumière une défiance inédite envers la politique, touchant désormais 40% d’Italiens, 44% de Britanniques, 45% d’Allemands et 78% de Français. Concernant la Suisse, l’enquête de l’OCDE 2023 donnait 62% de confiance envers le gouvernement fédéral, niveau nettement supérieur à la moyenne de 39% pour les autres pays étudiés. Pourtant, des sondages nationaux plus récents montrent que la défiance augmente. Selon Luc Rouban, directeur de recherche au CNRS, «c’est bien la désillusion qui gagne du terrain […] que l’on peut tenter de prendre à travers trois registres critiques. Le premier est celui de l’impuissance électorale. Le second est celui de l’impotence gouvernementale. Le troisième est celui du désir de se libérer du politique qu’expriment une majorité d’enquêtés.»

Le Temps publie des chroniques, rédigées par des membres de la rédaction ou des personnes extérieures, ainsi que des opinions et tribunes, proposées à des personnalités ou sollicitées par elles. Ces textes reflètent le point de vue de leurs autrices et auteurs. Elles ne représentent nullement la position du média.


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