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Les Suisses ont sauvé leur média public. Un résultat qui oblige

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08.03.2026

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La Suisse ne veut pas mettre en danger son service public. Le soutien de la population à la SSR est fort, avec un refus à plus de 60% de l'initiative qui demandait une réduction drastique de la redevance. La Suisse romande peut dire merci aux Alémaniques: elle pourra continuer de recevoir un tiers des fonds alors qu’elle représente moins d’un quart des contributions à la redevance. Les Suisses veulent voir Marco Odermatt et Franjo von Allmen gagner des médailles sur leurs écrans et protéger la diversité de leurs langues et culture. L’argument de la cohésion nationale a visiblement payé, en tout cas dans les cantons urbains.

Le contexte international a certainement aussi pesé en faveur du service public. A l’Ukraine s’est ajouté l’embrasement du Moyen Orient et la guerre touche désormais la Suisse, ne serait-ce que par le biais de touristes en déshérence. Face à Donald Trump, le chaos et la forte instabilité mondiales qu’il provoque, le besoin d’un média de service public est vif. Prendre le risque de tout détruire alors que le monde tangue? C’était trop.

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L’habile manœuvre du conseiller fédéral Albert Rösti a également pesé dans la balance. En imposant le contre-projet avec une redevance à 300 francs et une réduction du budget de 17% à la SSR, le ministre UDC a calmé le jeu. Il a donné des gages aux opposants au média public et par la même occasion évité le pire.

Pour la SSR, la victoire est belle, et elle oblige. C’est désormais aux dirigeants de mettre en place les réformes promises. Réduire les incohérences, augmenter les ressources de production au lieu du nombre de cadres et mettre en œuvre la collaboration entre les unités annoncée de longue date.

Faire en sorte que les voix de l’UDC, premier parti du pays, soient entendues dans la proportion qui leur revient, y compris hors des élections et des votations aussi, tout en protégeant l’indépendance des journalistes. A eux enfin de respecter à la lettre les engagements pris vis-à-vis des médias privés, dans le cadre strict du périmètre défini. Car oui, la SSR est dans une position dominante, encore plus dans les régions minoritaires. Elle devra montrer qu’elle en tient compte, par les actes.

Croire qu’un média public faible renforcerait les médias privés est une erreur et la majorité des Suisses l’a compris. Un paysage médiatique solide et concurrentiel, public et privé, garantit le débat, des informations de qualité et des enquêtes d’intérêt public. Mais le sujet n’est pas clos. L’Union suisse des arts et métiers (USAM) a déjà annoncé dimanche qu’elle remettrait sur la table la question de la redevance payée par les entreprises, ce qui se comprend parfaitement. La SSR a sauvé sa peau, mais elle devra continuer de rendre des comptes. Cela fait partie du jeu démocratique, en Suisse encore plus qu’ailleurs.

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