Jeux olympiques: la Suisse ne devra pas sous-estimer les défis de la décentralisation
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Les Jeux olympiques de Milan-Cortina 2026 sont faits, et ils se sont déroulés exactement comme on l’anticipait. Pour le meilleur comme pour le moins bien.
D’une part, l’utilisation de sites sportifs existants, dans des régions culturellement très liées aux disciplines sportives qu’elles accueillaient, a donné lieu à des compétitions très bien organisées: les responsables locaux n’étaient pas débordés, les participants ont profité d’infrastructures adaptées et le spectacle était au rendez-vous. Mais d’autre part, l’extrême décentralisation du dispositif, avec six sites de compétition répartis sur un territoire de 22 000 km², a considérablement dilué ce que l’on appelle communément «l’expérience olympique».
Bormio versus Cortina
Concrètement, cela signifie que ni les athlètes, ni les officiels, ni les supporters n’ont vraiment eu l’impression de vivre autre chose que des Championnats du monde de leur discipline. D’habitude, les JO d’hiver orchestrent un grand brassage d’athlètes d’horizons et de disciplines différents, ainsi que de passionnés profitant de la proximité de plusieurs concours pour «voir autre chose». Cela aura été moins le cas cette fois, particulièrement à Bormio où les skieurs alpins suisses ont largement contribué à une moisson record de médailles sans avoir l’occasion de rencontrer le moindre représentant d’un autre sport. Finalement, il n’y a guère qu’à Cortina d'Ampezzo que la promesse olympique classique a été complètement tenue. Y coexistaient dans un décor alpin des disciplines aussi différentes que le ski alpin (féminin), le bobsleigh et le curling.
Il appartiendra aux prochains organisateurs d’éditions décentralisées, les Alpes françaises en 2030 et la Suisse en 2038 pour autant qu’elle le souhaite, de conserver les atouts du concept en minimisant ses défauts. Les transports devront procéder d’un système plus intelligible et plus efficace. Il faudra aussi éviter d’isoler une seule discipline dans un coin de vallée.
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Ces leçons ne remettent pas en question le succès global de Milan-Cortina 2026, et encore moins la pertinence du modèle des «Jeux du voyage», ainsi que Le Temps a décidé de les présenter. Utiliser les infrastructures existantes est une condition nécessaire pour minimiser l’impact écologique de ce méga-événement sportif, mais pas suffisante. Il faudra, à l’avenir, oser remettre en question sa croissance perpétuelle. Le nombre d’épreuves, 117, en augmentation de 7,5% par rapport à Pékin 2022, a presque doublé par rapport à Lillehammer 1994. Beaucoup d’observateurs considèrent cette édition comme les derniers JO d’hiver «raisonnables».
