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Quand une superpuissance se moque du droit international

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20.02.2026

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La récente déclaration du président Donald Trump, affirmant qu’il n’a «pas besoin du droit international» et que la seule limite à son action extérieure serait sa «propre morale», marque une rupture nette dans la tradition de la politique étrangère américaine. Elle constitue surtout un signal profondément inquiétant pour l’avenir de l’ordre international.

Le droit international a longtemps été critiqué pour son apparente déconnexion du «monde réel», un monde dépourvu de gouvernement global et de mécanismes de coercition comparables à ceux des systèmes juridiques nationaux. Ce constat avait conduit le juriste anglais du XIXe siècle John Austin à soutenir que le droit international ne constituait pas du droit «à proprement parler». Pourtant, une observation attentive des relations internationales montre que celles-ci s’inscrivent dans un climat de légalité. Le langage du droit y est trop omniprésent pour être réduit à une simple rhétorique vide. Les gouvernements justifient régulièrement leurs actions en invoquant le droit international; leurs revendications et les réponses qu’elles suscitent sont presque toujours formulées en termes de droits et d’obligations. Aucun Etat ne nie ouvertement que le droit international limite sa conduite.


© Le Temps