La débâcle iranienne n’assagira pas Donald Trump
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En campagne, Donald Trump avait promis qu’il n’engagerait plus les Etats-Unis dans de nouveaux conflits. Spécifiquement qu’il n’attaquerait pas l’Iran. Après avoir bombardé six pays (l’Iran une première fois, le Yémen, la Somalie, la Syrie, l’Irak, le Nigeria) et renversé Nicolás Maduro (Venezuela), il a déclaré la guerre à Téhéran le 28 février. La raison exacte d’une attaque à ce moment-là? Introuvable. Son objectif? Changeant et vaporeux. Ses conséquences? Chaque jour un peu plus graves.
Depuis le début de l’offensive, plus de 1300 personnes sont mortes en Iran, dont bon nombre de civils. Et environ 600 personnes sont décédées sous les frappes israéliennes au Liban, qui compte également 750 000 déplacés (pour une population de 5,8 millions d’habitants). La riposte iranienne a, quant à elle, tué en Irak, en Israël, aux Emirats arabes unis, au Koweït, à Bahreïn et à Oman. Enfin, sept soldats américains sont morts. Le secrétaire à la Défense, Pete Hegseth, a prévenu qu’il y en aurait «davantage». Pour quel résultat?
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Khamenei est mort, vive Khamenei!
Deux semaines après le déclenchement des hostilités, toute la région est déstabilisée, l’approvisionnement mondial en pétrole est en danger et la nouvelle boutade cynique en vogue est la suivante: «Il a fallu vingt ans aux Etats-Unis pour remplacer les talibans en Afghanistan par les talibans. Il n’a fallu que quelques jours à Trump pour remplacer l’ayatollah Khamenei par l’ayatollah Khamenei.» Après la mort du guide suprême, son fils a en effet pris la relève. Et rien ne semble indiquer qu’il va se soumettre à la volonté de Washington.
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Cataclysme international, l’opération «Furie épique» l’est aussi au niveau domestique. Si une majorité de républicains continue de soutenir le président, plus de la moitié des Américains désapprouve la guerre et son impact sur les prix à la pompe. Les conservateurs ont déjà sous-performé dans une succession de scrutins locaux avant le mois de mars, l’aventure iranienne ne risque pas d’améliorer la chose. Donald Trump ne paraît donc même pas devoir retirer des gains politiques du conflit. Sa réaction? L’habituelle: ignorer la réalité, refuser la défaite et s’entêter.
Une spirale infernale sans fin
Menée sans supervision du Congrès ni obstacle – si ce n’est, comme il l’avait lui-même articulé en janvier, «sa propre morale» –, l’opération semble donc être amenée à se poursuivre. Jusqu’où? Personne ne le sait – vraisemblablement pas même la Maison-Blanche. Et après? Après chaque décision déraisonnable, les prédictions augurant d’un assagissement de Donald Trump ont été déçues l’une après l’autre. Après l’arme des droits de douane, le républicain a l’air d’avoir pris goût à l’action militaire. Si personne ne l’arrête, il n’y a aucune raison que ce soit la dernière fois qu’il y ait recours.
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