Ne baissons surtout pas les bras face aux effets délétères des réseaux sociaux
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Il a eu réponse à tout, Mark Zuckerberg. Confronté durant six heures à des parents d’adolescents aspirés dans les tréfonds des réseaux sociaux, le directeur de Meta a tenu bon. Des arguments rationnels, une promesse d’amélioration des services et, derrière, une petite musique de plus en plus claire: en résumé, si les jeunes sont accros à ces plateformes, c’est qu’ils adorent ça. Et les réseaux sociaux ne font que leur donner ce qu’ils recherchent. «Les gens accordent du temps à des activés qu’ils aiment faire», a ainsi glissé Mark Zuckerberg.
Nous voilà de retour à la case départ: celle de la responsabilité individuelle. Face à des plateformes passées maîtres dans l’utilisation de subterfuges psychologiques et d’astuces numériques pour grappiller un maximum de temps à leurs utilisateurs, ces derniers n’ont qu’à se prendre en main, rabâche la Silicon Valley.
Désemparés par cet arsenal technique, les Etats tentent d’agir. L’Australie interdit les réseaux sociaux aux moins de 16 ans, la France veut fixer une limite à 15 ans, l’Allemagne à 16… L’idée semble séduisante, mais elle se heurte à des limites, les barrières techniques étant contournables par des ados ou des préados malins. Et surtout, ces bannissements sont un terrible aveu de faiblesse: plutôt que de traiter le problème à la racine, on essaye de poser un couvercle par-dessus.
Alors, que faire? Baisser les bras, vu que les problèmes massifs générés par les réseaux sociaux sont liés à leur modèle d’affaires de base? Non, il existe des pistes. Aucune n’est parfaite, aucune n’est décisive, mais combinées, elles peuvent avoir un effet: imposer un point de contact à ces plateformes dans chaque pays pour faire retirer immédiatement des contenus litigieux, exiger une transparence dans les algorithmes, filtrer tout contenu haineux ou discriminatoire, faciliter la vie des parents qui tentent de mettre en place des contrôles…
La Suisse est au cœur des réflexions, elle qui vient de mettre en consultation un projet de réglementation des réseaux sociaux. Jugée insuffisante à gauche et incapable de protéger la jeunesse, elle est fustigée par l’UDC, qui la qualifie de «nouvelle loi de censure» et de «police de l’opinion publique».
Rien ne sera facile. Alors, un petit conseil aux parents désemparés: discutez avec votre progéniture, intéressez-vous à ce que vos enfants font en ligne, accompagnez-les dans leur exploration du numérique. Car, de l’autre côté de l’écran, Mark Zuckerberg a toujours les pleins pouvoirs.
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