menu_open Columnists
We use cookies to provide some features and experiences in QOSHE

More information  .  Close

Philipp Navratil a réussi son grand oral, mais le plus dur reste à faire pour Nestlé

9 0
19.02.2026

Créez-vous un compte gratuitement et retrouvez les contenus que vous avez sauvegardés.

Déjà un compte ? Se connecter

Newsletter – Un lundi par mois

Un lundi par mois, nous vous proposons de penser notre monde du travail en profondeur. Nos outils: des décryptages, des enquêtes et des chroniques.

Pour recevoir notre newsletter, créez un compte gratuitement.

Déjà un compte ? Se connecter

Pendant longtemps, Nestlé a été perçue comme une entreprise synonyme de prévisibilité et de fiabilité, tant dans sa capacité à satisfaire consommateurs et actionnaires que par la stabilité de ses instances dirigeantes. Cette image a cependant volé en éclat. Le tournant décisif a été la guerre en Ukraine, qui a provoqué une flambée de l’inflation et des prix des matières premières, un choc auquel Nestlé a réagi avec retard.

Depuis, scandales et contre-performances se sont succédé: l’affaire des pizzas contaminées Buitoni, le traitement illégal des eaux minérales en France, ou encore le licenciement de deux directeurs en l’espace d’une année. Le modèle Nestlé vacille. L’arrivée du duo Philippe Navratil à la direction et Pablo Isla à la présidence semble avoir remis le groupe sur de bons rails. Mais Nestlé a déçu trop souvent ces dernières années pour ne pas rester prudent.

La présentation jeudi de la mise à jour stratégique et des résultats annuels a visiblement rassuré les investisseurs. Nestlé a choisi de ne pas bouleverser ses fondamentaux, et il reste difficile de prédire à quoi va ressembler le groupe dans dix ans. La disparition de la division Nestlé Health Science, sur laquelle la multinationale fondait pourtant de grands espoirs, montre que les grandes orientations stratégiques du passé peuvent s’achever brutalement.

Créez-vous un compte gratuitement et retrouvez les contenus que vous avez sauvegardés.

Déjà un compte ? Se connecter

Une marge de manoeuvre financière amoindrie

Pourtant, Nestlé semble avoir trouvé sa «solution magique» face aux défis: la croissance. Dans un entretien fin 2025 à Finanz une Wirtschaft, Philippe Navratil affirmait que «la croissance résout presque tous les problèmes: elle génère du profit, absorbe les coûts fixes, fournit du cash et permet de conquérir des parts de marché». Mais ce remède exige patience et investissements: regagner la confiance des consommateurs ne se fera pas du jour au lendemain.

Par ailleurs, la marge de manœuvre financière de la multinationale veveysanne reste limitée. Nestlé s’est fortement endettée, notamment pour financer de coûteux programmes de rachat d’actions. Dans le secteur alimentaire, le groupe doit également faire face à la concurrence croissante des marques de distributeurs, de plus en plus plébiscitées. Au-delà de ces défis, il est surtout crucial de rompre avec la spirale inédite de nouvelles négatives qui a frappé l’entreprise ces deux dernières années, le dernier épisode en date étant le rappel de laits infantiles contaminés. Philipp Navratil en est le premier conscient.

Les éditoriaux et commentaires du Temps expriment un avis sur un sujet d’actualité traité par ailleurs sur nos supports. En ce sens, ils se distinguent donc des articles standards et se caractérisent en général par un style plus vif.


© Le Temps