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Friedrich Merz, dernier chancelier d’un monde disparu ?

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Voici deux semaines, une élection régionale que l’on aurait pu croire secondaire faisait les gros titres dans le monde entier : la victoire de l’Alternative pour l’Allemagne (AfD) avec 44 % des voix en Saxe-Anhalt, plaçant pour la première fois depuis la Seconde Guerre mondiale l’extrême droite à portée du pouvoir.

Les derniers scrutins attireront sans doute moins l’attention. Ils pourraient pourtant être plus révélateurs encore du mauvais état de l’Allemagne politique. Dans le Mecklembourg-Poméranie-Occidentale, au nord-est du pays, l’AfD a de nouveau signé une forte poussée. Mais le résultat le plus saisissant est ailleurs : les chrétiens-démocrates n’ont même pas franchi la barre des 5 %. Le parti du chancelier Friedrich Merz disparaît donc du parlement régional – une première dans l’histoire de la République fédérale.

Pour Merz, c’est le coup de grâce. Il pourra peut-être s’accrocher à son poste quelques semaines, voire quelques mois encore. Mais son autorité s’est évaporée et sa capacité à imprimer sa marque au pays est désormais réduite à néant. Politiquement, il est déjà condamné.

Reste que l’importance de cette débâcle historique dépasse largement le sort d’un seul homme. Les chrétiens-démocrates sont, de loin, le parti le plus important de l’histoire allemande d’après-guerre. Ils ont dirigé la République fédérale pendant 53 de ses 77 années d’existence. De Konrad Adenauer à Angela Merkel, en passant par Helmut Kohl, ils ont façonné pour ainsi dire tous les aspects de la vie du pays.

Mais l’époque où de grands partis de rassemblement comme la CDU pouvaient structurer à eux seuls le paysage politique touche à sa fin. Et le vide qu’ils abandonnent est aussitôt occupé par les forces les plus radicales – en Allemagne comme ailleurs dans le monde démocratique.

Le populisme n’était pas une parenthèse

S’il est une question qu’on n’a cessé de me poser durant ces dix dernières années, c’est celle-ci : « La vague populiste est-elle appelée à durer ou va-t-elle bientôt........

© Le Point