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Sous la Coupole, les Lumières ne cessent de rayonner

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«Je doute, donc je suis. » Si Descartes doutait pour fonder, notre époque doute pour défaire. Du Discours de la méthode, elle n’a gardé que le discours. Le doute ne s’exerce plus envers soi-même, il se proclame contre les autres : ceux qui, tout au long d’une vie, des bureaux au terrain, de l’atelier au laboratoire, ont acquis une expérience et forgé un savoir – tous ceux dont la parole faisait autorité.

Cette défiance n’est pas qu’une impression : elle se mesure. Dans le monde, à peine plus d’une personne sur deux fait confiance aux scientifiques. Mais le soupçon déborde largement les laboratoires : moins d’un Français sur trois fait confiance aux médias, et, partout, près de six personnes sur dix redoutent de ne plus savoir distinguer le vrai du faux. La défiance est même devenue, selon le dernier baromètre du Cevipof, le premier rapport de nos concitoyens à leurs institutions.

Dans ce paysage troublé, il existe une institution qui, malgré les crises, les régimes et les siècles, peut offrir un repère. Elle a, depuis plus de deux siècles, un nom et une adresse : c’est l’Institut de France.

Ils savent ce qu’ils ont appris et ne prétendent pas savoir le reste

Depuis 1795, cette institution n’a jamais renoncé à ce qui la fonde : la conviction que seuls le mérite et le travail doivent faire autorité. Cinq académies la composent, où se répondent la langue, l’histoire, les sciences, les arts et la pensée. Leurs membres n’ont d’autre titre que leurs travaux. Par leur œuvre, par la preuve, par l’épreuve, ils savent ce qu’ils ont appris et ne prétendent pas savoir le reste. Cette exigence, dans un monde où l’on affirme beaucoup et démontre peu, fonde une confiance durable. Un phare dans la nuit.

Aujourd’hui, ce phare est indispensable, car le soutien aux savoirs recule........

© Le Point