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FOG contre le mythe de la France « néolibérale »

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08.04.2026

Franz-Olivier Giesbert est un souverainiste. Et si l’on reprend la définition qu’en donnait Philippe Séguin, on peut même affirmer qu’il en est un des plus intransigeants. « Résorber la dette, réduire les dépenses inutiles, et il y en a, assainir les finances, c’est d’abord une affaire de souveraineté ! » nous répétait le maître Séguin, avec cette volonté de dissiper en nous quelques illusions socialisantes. À cette aune, que faut-il penser de nos souverainistes de façade, si empressés à parler d’indépendance nationale, mais peu gênés de voir la France placée sous la dépendance de ses créanciers étrangers ?

Notre propos puise son inspiration dans La France est-elle un pays communiste ?, de Franz-Olivier Giesbert. La prose y est « giesbertienne », donc frontale, ironique, nostalgique, précise et érudite. Mais, au terme du livre, c’est surtout la colère de l’auteur que l’on retient. Une colère intime, dont on se demande si elle n’est pas davantage celle d’un père, inquiet pour ce qu’il laissera aux générations qui viennent, que celle d’un observateur rompu au spectacle des grandeurs et des misères françaises.

« J’ai écrit ce livre pour essayer de nous réveiller, nous autres Français », écrit FOG dans une adresse à ceux qui préfèrent l’assoupissement à la réalité de nos finances publiques. Il décrit un pays où l’acceptation du désordre économique a atteint un tel degré, dans la durée comme dans l’ampleur, qu’elle semble relever d’un trait anthropologique. L’auteur dénonce « le bourrage de crâne dès la petite enfance contre le capitalisme, qui serait le Mal incarné ». Il conspue le patient travail de sape des « idéologues qui ont fini par faire croire à beaucoup de Français qu’ils vivent dans l’enfer du Nouveau Testament, la géhenne ultralibérale ou néolibérale, alors qu’ils sont, en fait, encloués dans ce que les communistes prenaient jadis pour un “paradis socialiste” ». D’où cette formule attribuée à Mikhaïl Gorbatchev : « La France est le seul pays où le communisme a réussi. »

Animé par ce « communisme mou », l’État a été dévoyé de sa mission première, qui consistait à assurer un équilibre pérenne entre la production de la richesse et la redistribution. Efficient et rigoureux sous le général de Gaulle, cet État s’est ensuite mis au service d’une politique folle, largement partagée à droite et à gauche, de règlement des problèmes structurels par de l’argent public. « Sous l’impulsion du général de Gaulle, entre 1958 et 1969, l’État a soudain ressuscité et repris confiance en........

© Le Point