Et soudain apparut (sainte) Annie Ernaux…
Il est des évolutions que l’on peine à s’expliquer. Annie Ernaux est atteinte du syndrome Michel Houellebecq : leurs prises de parole politiques, trop souvent, desservent leur œuvre littéraire.
On a lu et aimé certains de ses livres. On a été ému à la lecture de La Place ou de La Honte, où agit l’identification chez le lecteur transfuge de classe ou chez la lectrice soumise à la loi du patriarcat. « Il y a ceci dans la honte : l’impression que tout maintenant peut vous arriver, qu’il n’y aura jamais d’arrêt, qu’à la honte il faut plus de honte encore », écrit la prix Nobel de littérature. On a apprécié ses odes à la liberté, à l’émancipation. On s’est réjoui de la voir nobélisée, puisqu’elle représente, après tout, la France et sa littérature.
Puis le temps a passé. Annie Ernaux s’est embourgeoisée et, peut-être par culpabilité, a voulu demeurer fidèle à son milieu d’origine. Elle aurait pu redistribuer une part des revenus tirés........
