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James Orr : « J. D. Vance, c’est un trumpisme sans le drame »

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01.04.2026

Peu connu en France, il est l’un des intellectuels les plus influents du Royaume-Uni. James Orr, professeur associé de philosophie de la religion à l’université de Cambridge, murmure à l’oreille de Nigel Farage, le chef de file de Reform UK, formation nationaliste qui caracole en tête des sondages au Royaume-Uni. Il vient d’être nommé responsable du programme (Head of policy) de Reform. Et son réseau ne se cantonne pas à l’île britannique. Ce national-conservateur à la crinière blonde et à l’accent distingué est aussi un ami du vice-président américain, J. D. Vance, qui le tient en haute estime. En février, il a par ailleurs invité à Cambridge l’entrepreneur et fondateur de PayPal Peter Thiel à donner une conférence sur l’ « Antéchrist ». Entretien.

Le Point : Vous défendez une « politique de préférence nationale ». Que signifie ce concept ?

James Orr : Je suis conscient que la notion de « préférence nationale » revêt, en France, un sens particulier et politiquement chargé, mais ce n’est pas le cas en Grande-Bretagne. Je préfère, pour décrire ma propre pensée, parler de « politique du chez-soi » (politics of home). Le point de départ est simple : l’autorité politique est toujours particulière. Elle est toujours exercée par des gens en particulier, dans une communauté particulière, avec un héritage particulier.

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Un gouvernement n’est pas une association humanitaire dotée d’une armée. Il existe pour servir les individus qui autorisent son existence, qui vivent sous son pouvoir, qui paient pour le financer et qui sont modelés par lui.

La préférence que j’évoque ne relève donc ni du favoritisme ni de l’exclusion, ce n’est pas un fanatisme déraisonnable pour sa propre nation. C’est la reconnaissance que toute vie morale authentique, et toute vie politique authentique, commence chez soi. C’est l’idée simple, qu’on trouve chez saint Augustin et saint Thomas d’Aquin, que notre amour et nos loyautés politiques, comme les autres formes d’amour, irradient en cercles concentriques, de plus en plus faibles, de l’affection pour sa propre maison jusqu’à la communauté et à la nation – mais que, pour la plupart des gens, elle dépasse rarement ce stade.

« La Grande-Bretagne est brisée », affirme........

© Le Point