Jean-François Colosimo : « Le vrai danger n’est pas une Chine triomphante, mais une Chine inquiète »
Après les États-Unis, la Russie, l’Iran, la Turquie, Jean-François Colosimo s’attaque à la Chine. Cet historien, qui décortique depuis des années les chocs entre religions et forces géopolitiques contemporaines – récemment, en Ukraine –, qui nourrissent en particulier la haine de l’Occident, aborde dans Quand la Chine vacillera… (Albin Michel) l’empire du Milieu par une face occultée : le spirituel. Édifiant.
Le Point : Le titre de votre livre, dans la continuité de celui à succès d’Alain Peyrefitte, peut induire en erreur. Votre propos ne se cantonne pas à la Chine ?
Jean-François Colosimo : Pékin, qui sait percevoir et programmer nos peurs, a retourné la prophétie de son réveil, faussement attribuée à Napoléon, en croyance dans sa domination planétaire. Depuis Marco Polo et les aventuriers, Ricci et les jésuites, Voltaire et les Encyclopédistes, Sollers et les maos, l’empire du Milieu, je le montre, nous sert de miroir. Or que reflète-t-il aujourd’hui ? Une bascule du monde présentée comme inéluctable. La Chine va-t-elle supplanter l’Amérique ? Vassaliser la Russie, l’Inde, l’Iran ? Mater l’Europe ? Que veut-elle ? Mais, en fait, que peut-elle réellement ? Et, par-dessus tout, qui est-elle vraiment ? Décrypter les mythologies d’hier permet de dévoiler les idéologies d’aujourd’hui.
Car l’urgence se révèle double. Elle est d’ordre géopolitique et d’ordre théologique ou, si l’on préfère, à la fois stratégique et métaphysique, ces deux mots désignant dans mon enquête le même souci : démêler le vrai du faux avant que le faux ne nous gouverne. Ainsi, je montre comment les actuels doctrinaires de la Cité interdite ont dérobé à l’Occident ses plus ténébreuses théories politiques. Et comment ils partagent avec leurs homologues de Moscou, d’Ankara, de Téhéran ou de Delhi, mais aussi désormais de Washington, le culte de la violence divinisée.
Le cauchemar du déclin est plus inflammable que le rêve de l’hégémonie.
Le cauchemar du déclin est plus inflammable que le rêve de l’hégémonie.
La Chine peut s’effondrer........
