Quand Ségolène Royal demande aux Juifs de mériter leur sécurité
C’était il y a quelques semaines, au soleil encore trop chaud du parvis de la gare de Lyon. Je fumais ma dernière cigarette dans l’attente de l’annonce du quai de mon train quand deux jeunes hommes m’adressèrent la parole. L’échange fut, au tout début, plaisant – « Bonjour, ma chère demoiselle » –, tant j’arrive à l’âge où le patriarcat (ou les hormones) rend positif le moindre signal indiquant qu’il me reste encore un peu de « jeunesse ».
Sauf qu’il tourna vinaigre quand leur demande d’argent ou de cigarette rencontra mon refus. « C’est ça, fous-toi de notre gueule ! », lança le premier tandis que je baragouinais une piètre excuse-négociation : pas de liquide, ultime clope de mon stock… et d’ailleurs, tiens, ils n’avaient qu’à se partager ma fin de mégot. Alors, le second coupa court : « Laisse tomber, c’est une sale sioniste. »
Si tout est possible dans la vie, je doute que ces chers messieurs aient eu connaissance de mes articles dans Le Point et, plus généralement, de mon œuvre et de mes opinions personnelles – oui, je suis « sioniste » en ce que je défends le droit d’Israël à exister en tant que nation et foyer du peuple juif. Le plus probable est qu’ils aient repéré l’étoile de David que je porte autour du cou et (pardon aux électeurs LFIstes pour cette incursion du réel dans leur déni)........
