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Néofascismes à la française

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15.10.2026

Aucun parti politique en France ne se réclame du fascisme. Au contraire. Tous s’en distancient avec horreur, et l’antifascisme est un marqueur naturel de la gauche comme de la droite libérale. Peut-on dire pour autant que cet épisode historique a disparu de nos horizons ? Peut-il encore coaguler comme le soulignait Umberto Eco et retrouver sa formidable ubiquité ? Un mouvement subversif peut évoluer vers la modération : le Parti communiste français en est un exemple. Giorgia Meloni, nostalgique du mussolinisme dans sa jeunesse est aujourd’hui une dirigeante de droite dure mais fidèle à l’Europe et à l’Otan. Elle a même demandé à Mykhailo Fedorov, ancien ministre de la défense ukrainien, de conseiller son armée. Mais dans une France en état de décomposition après dix ans de macronisme, les pires égarements restent possibles et même une alliance entre les extrêmes, comme en Allemagne entre l’AFD et le BSW [fondé par une ex-dirigeante de Die Linke, NDLR].

Pour le Rassemblement national, émanation édulcorée du Front national, tout l’effort consiste à faire oublier ses origines. C’est en 2015 que Marine inaugure son lent travail de dédiabolisation ; son père venait de réaffirmer que les chambres à gaz étaient un « détail de l’histoire » et se refusait à considérer le maréchal Pétain comme un traître. Il fut alors poussé hors du parti, rebaptisé Rassemblement national. Changement dans la continuité : par un lent travail de répudiation, Marine Le Pen maintient le symbole tout en modifiant le nom et en épurant le logotype. Elle affirme son aversion pour la Shoah, le négationnisme et l’antisémitisme, même si cette normalisation se heurte à d’innombrables saillies racistes de la part des militants.

Le RN ne se veut ni de droite ni de gauche, hors système, le parti du vrai peuple oublié par les autres formations. Mais le refoulé revient vite : à Liévin, le 4 juillet 2026, à la veille de son procès en appel qui l’autorisera à concourir à la présidentielle, Marine Le Pen cite Le Chant des partisans écrit en 1943 par Maurice Druon et Joseph Kessel. Elle brandit cet hymne pour affirmer la solidarité qui lie les membres de son parti : quand un camarade tombe, un autre se lève. La ficelle est énorme : comment oublier que le Front national fondé par son père et dont elle assume l’héritage a aussi été celui des collaborateurs, dont certains Waffen-SS ?

Suggérer que Macron est Hitler et que s’opposer à lui, c’est recommencer la geste des........

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