L’Union européenne à nouveau face au principe de réalité
L’Europe se trouve dans une situation critique, heurtée de plein fouet par les coups de boutoir d’une histoire dont elle a voulu croire qu’elle était finie : pandémie de Covid-19, guerre d’Ukraine, transformation de l’Amérique en démocratie illibérale et en prédateur, effondrement industriel sous la pression des exportations de la Chine. La guerre d’Iran et le nouveau choc pétrolier semblent lui porter le coup de grâce.
Alors qu’elle se tient en retrait des opérations militaires, elle se trouve très exposée tant à la stagflation qu’au blocage des grandes routes maritimes vitales pour son approvisionnement et à la menace de Donald Trump de quitter l’Otan, la laissant seule face à la menace existentielle de la Russie.
Mais cette dernière option implique de refonder un modèle obsolète, fondé sur la régulation du grand marché par la concurrence et le libre-échange, la délégation de la sécurité aux États-Unis, des institutions lourdes et lentes, un État de droit fondé sur la généralisation du principe de précaution et perverti en une réglementation tentaculaire, la foi dans le droit et le commerce pour fonder la paix, la négation du hard power.
Un électrochoc salutaire
L’Union européenne doit donc réaliser un difficile aggiornamento pour se réinventer autour de la compétitivité et de l’innovation, de la souveraineté et de la sécurité. Et pour cela surmonter ses doutes et ses divisions. Si le nouvel âge des empires, le retour de la guerre, l’éclatement de la mondialisation et le choc pétrolier la fragilisent, ils créent aussi un électrochoc........
