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Quand le patronyme juif devient un jouet politique

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02.03.2026

C’est ce multirécidiviste de la haine, récemment condamné à deux ans de prison ferme avec mandat d’arrêt et qui lançait déjà : « On dit à la fois Veinstein et Epstein, parce que sinon le tropisme communautaire se verrait un peu trop. » De l’autre côté, Jean‑Jean-Luc Mélenchon qui, en meeting à Lyon le jeudi 26 février, s’autorise devant un public hilare et acquis : « Sauf s’il s’agit de l’affaire Epstein. Ah, je voulais dire “Epstine”… Pardon, ça fait plus russe, “Epstine”, hein ? Alors maintenant, vous direz “Epstine” au lieu d’“Epstein”, “Frankenstine” au lieu de “Frankenstein”. »

Je regarde ces deux séquences et je ne peux pas m’en tenir au confort des nuances habituelles. Quand on travaille depuis des années sur l’histoire de l’antisémitisme, on sait reconnaître les vieux réflexes même quand ils se déguisent en trait d’esprit.

Ici, ce ne sont pas de simples « maladresses » : ce sont des noms juifs livrés à la vindicte ou au rire, des patronymes arrachés à des individus pour devenir des signaux, des clins d’œil, des marqueurs de connivence. On ne joue pas innocemment avec ce matériau-là, pas en Europe, pas au XXIe siècle, pas après ce que l’on sait.

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