Pourquoi les Français rejettent à ce point le travail
«Les Français veulent-ils encore travailler ? » Cette question chatouilleuse fait l’objet d’une réflexion éclairée dans un essai signé par la journaliste Anne de Guigné et publié chez Plon*. Court et efficace, l’ouvrage s’inscrit dans une série de petits livres poil à gratter inaugurant la nouvelle collection « Questions ouvertes », consacrée aux débats de société, comme La France est-elle un pays communiste ? et Que faire de nos élites politiques ?.
Puisque la question est posée, la tentation est grande d’y répondre par la négative. Non, de toute évidence, les Français ont un problème dans leur rapport au travail. On l’a vu ces jours-ci avec la levée de boucliers syndicale et la menace de censure brandie par le Parti socialiste face à la tentative macroniste d’autoriser les boulangers et les fleuristes à travailler le 1er mai. Cette allergie française se cristallise également autour de la réforme des retraites, alors que les pays du « Club Med » (Portugal, Espagne, Italie) ont déjà acté des départs à 66 ans…
Au-delà de ces soubresauts politiques, les statistiques confirment une singularité nationale. Les Français figurent parmi les Occidentaux qui travaillent le moins. Selon l’OCDE – le club des économies avancées –, le nombre d’heures travaillées par habitant (actifs et inactifs compris) s’est élevé à 666 en 2024, quand la moyenne de l’Union européenne atteignait 776. Ce constat politico-comptable, bien réel, n’est cependant qu’une surface. Il faut se plonger dans la lecture de cet essai pour comprendre les causes profondes........
