Tel chien, tel maître : la France vue des parcs canins
C’est l’heure de la promenade des toutous, près de la place Denfert-Rochereau, à Paris. Ce matin-là, ils sont cinq ou six à occuper le parc canin du quartier, chacun vaquant à ses occupations : inspecter chaque centimètre carré à portée de truffe, recouvrir les mictions encore chaudes de leurs congénères, aboyer contre un malotru qui passe ou jouer avec leurs copains.
Tiens, sous nos yeux, Lucky, une petite femelle coton de Tuléar, et Prosper, un braque plus costaud, se reniflent comme deux vieilles connaissances qui se retrouvent. Quand ces deux-là s’agitent, leurs pattes soulèvent la poussière du sol stabilisé – revêtement courant dans les parcs canins – qui finit par retomber sur les chaussures ou infiltrer les poumons… Tant pis, les propriétaires apprécient de pouvoir laisser leurs chiens gambader sans laisse, dans l’enclos qui leur est réservé.
À Paris, les parcs canins se multiplient. Celui de Denfert-Rochereau est l’un des quelque cinquante espaces de ce type dans la capitale, le premier ayant été inauguré en 2014. Pas de chiffres officiels à l’échelle nationale, mais plusieurs sites Internet se chargent de les recenser avec plus ou moins de fiabilité. Une certitude : ils se trouvent pour la plupart en agglomération – Issy-les-Moulineaux, Bordeaux, Toulouse… – pour compenser le manque de verdure et d’espaces où les propriétaires peuvent lâcher leurs chiens.
Cette prolifération des parcs canins n’est pas qu’une tendance urbaine : elle constitue le symptôme visible d’un phénomène plus large. Comme d’autres sociétés occidentales et asiatiques, la France est touchée depuis quelques années par la vague du « pet parenting ». Ce terme anglo-saxon désigne « les personnes qui s’occupent de leur animal comme un parent le ferait pour un enfant », explique Christophe Blanchard, sociologue à l’université Sorbonne Paris-Nord, spécialiste de la relation homme-chien. Certains propriétaires se disent même « dog mum » ou « dog dad ».
Émilie, architecte d’intérieur et propriétaire du braque rencontré quelques minutes plus tôt, l’illustre à sa façon : « Prosper, c’est mon quatrième enfant. Je passe autant........
