Dénoncer les travailleurs (et les employeurs) au noir, quelle bonne idée !
Il suffit de prononcer le mot dénonciation ou le verbe dénoncer pour déclencher des indignations automatiques et des références convenues aux périodes les plus troubles du passé national. Pourtant, le sens civique, la recherche d’efficacité et la préservation des finances publiques devraient conduire à explorer de nouvelles pratiques.
La France figure parmi les pays les plus indulgents à l’égard des fraudes sociales et fiscales, tandis que les Français se montrent particulièrement prompts à condamner moralement ceux qui alertent les autorités sur des comportements frauduleux. Deux obstacles se posent immédiatement : les mots employés et le périmètre concerné. « Dénoncer » reste chargé négativement.
Le dénonciateur est spontanément assimilé à une figure méprisable. Si vous souhaitez signaler un entrepreneur qui contourne la TVA ou un habitué du travail dissimulé, vous voilà potentiellement relégué au rang des individus infréquentables. Vous n’êtes pas un « lanceur d’alerte », mais un « délateur ».
Pourtant, le droit et les autorités publiques encouragent déjà à signaler certaines........
