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Geoffroy de Lagasnerie, l’intellectuel chéri de LFI qui veut en finir avec la démocratie

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19.03.2026

Geoffroy de Lagasnerie joue cartes sur table. Le philosophe, soutien de Jean-Luc Mélenchon et de la candidature de Sophia Chikirou aux municipales à Paris, publie un manifeste de 200 pages où il exhorte ses camarades à partager avec lui sa passion autoritaire : « Oui parfois, en tant que progressistes, nous pouvons, et même nous devons être antidémocrates. »

Dans L’Âme noire de la démocratie (Flammarion, 2026), l’une des stars de la gauche radicale et des amphithéâtres marxistes attaque frontalement la souveraineté populaire. On n’ose imaginer le tollé (légitime) dans la classe politique et les médias, si un intellectuel proche du Rassemblement national avait, dans les mêmes termes, contesté la légitimité de la démocratie.

Son appétit pour « choquer le petit‑bourgeois » semble donc sans limites. Celui qui déclarait déjà au micro de France Inter qu’il était « contre le paradigme du débat » et qu’il fallait « rétablir la censure », franchit un nouveau cap. Dès les premières pages, on comprend ce qui l’insupporte : que (presque) tout le monde s’accorde sur quelque chose. Il le dit lui‑même, s’il existe un rare consensus politique, c’est bien l’idéal démocratique. Mais Geoffroy de Lagasnerie cultive la « rebellitude ». Après avoir prôné dans ses ouvrages l’abolition du droit pénal, puis le déboulonnage de l’institution familiale, le voilà désormais donnant l’assaut à une démocratie déjà chancelante. Est‑ce si intolérable pour lui qu’il reste encore quelques sujets capables de rassembler un pays ?

À la lecture de sa prose limpide, on plaint vite l’auteur qui dit « suffoquer » dans cette société apparemment infestée de fascistes. Alors « il est temps de lever le tabou », de « douter des vertus du système parlementaire » et de changer notre manière de décider. Son........

© Le Point