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Mais qu’est-ce qu’ils ont tous avec Charles Péguy ?

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06.07.2026

« Charles Péguy disait que les pères de famille étaient les derniers aventuriers du monde moderne, parce que les pères, dès qu’ils sont pères, cessent de se faire de la bile pour eux et commencent à s’en faire pour leurs enfants. Il aurait dû dire, le bon Charles Péguy, que les plus grands héros de l’histoire du monde étaient les mères de famille ». Dans son discours énergique pour lancer sa campagne présidentielle, à l’Adidas Arena à Paris le 5 juillet, Édouard Philippe, qui a confié que sa « première patrie » ce furent les livres, a cité Saint-Exupéry, Camus, Zola (entre autres). Mais il a réservé un traitement de faveur à Charles Péguy, qui a eu le droit à plus d’espace que les autres.

Ah, Péguy ! L’écrivain combattant, mort à la guerre le 5 septembre 1914, n’est pas encore entré au Panthéon – Emmanuel Macron en avait caressé l’idée en 2020, tout comme Nicolas Sarkozy et Charles de Gaulle en leur temps – mais c’est peu dire qu’il occupe hic et nunc le champ politique. Celui qui a écrit des milliers de pages, de récits, de poèmes, de romans, d’articles, et s’est engagé sur tous les fronts, est devenu la boussole des politiques – tous clivages confondus.

« Il y a un état d’esprit péguyste ici », nous disait il y a quelque temps Éric Thiers, dans son bureau de l’Hôtel Matignon jouxtant celui du Premier ministre qu’il conseillait : François Bayrou. C’est d’ailleurs par Péguy que les deux hommes se sont rencontrés. Thiers préside l’Amitié Charles Péguy – association fondée dans la clandestinité en 1942 – à laquelle François Bayrou a adhéré, jeune homme. Un Péguy que l’agrégé de lettres a découvert à 16 ans et dont il parle toujours, avec flamme, comme du « compagnon d’une vie ». « C’est l’un des deux ou trois écrivains les plus marquants et les plus visionnaires que j’ai lu, nous avait confié celui qui était encore Premier ministre. Dès les premiers jours du XXe siècle, il a senti ce qu’allaient être les dérives intellectuelles de ce siècle, et il les a dénoncées avec précision, justesse et alacrité. Péguy, c’est une langue qui ne ressemble à aucune autre. C’est aussi l’un des auteurs les plus drôles que l’on puisse lire. Pour lui, le rire est une arme, une mitrailleuse avec laquelle il démolit les gens qui sont en........

© Le Point