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L’encyclique qui secoue le monde de la tech

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03.06.2026

Plus de 200 pages, 245 entrées, 5 chapitres… Avec son encyclique Magnifica humanitas, Léon XIV a mis le feu au monde de la tech. Dans ce texte, le pape américain, né en 1955 au cœur du grand boom technologique, mathématicien de formation, analyse de façon large et clinique les révolutions en cours. Impossible de résumer une réflexion aussi dense, où les thèmes abondent. Nous en avons sélectionné quelques-uns.

« Que sommes-nous en train de construire ? » C’est la question centrale du texte. Le pape met en garde contre les « dynamiques déshumanisantes » d’une révolution technologique qui « modifie rapidement les langages, les relations, les institutions et les formes de pouvoir ». Il prône un sursaut des consciences pour mettre en place des garde-fous et ainsi préserver l’humain face à un progrès galopant – qui échappe même à ses créateurs. « L’intelligence artificielle n’est pas moralement neutre », martèle Léon XIV.

Soutenir le progrès technique

Le pape le dit noir sur blanc : « Désarmer ne signifie pas renoncer à la technologie, mais l’empêcher de dominer l’humain. » Dans le titre du chapitre III, il évoque d’ailleurs « les promesses de l’IA ». Il ne s’agit pas de mettre à l’index le progrès. Le pape précise que, « en soi, ces innovations peuvent devenir une aide précieuse pour le développement humain intégral et pour la sauvegarde de notre Maison commune ». La cible : dénoncer « la tendance à laisser la logique de l’efficacité, du contrôle et du profit régir à elle seule les choix personnels, sociaux et économiques ».

Contrer les visées transhumanistes

Pour le pape, ce qui est en péril, c’est la dignité et l’intégrité mêmes des individus, que menace l’abandon au tout-technologique. Son objectif, exprimé en sous-titre du document : « La protection de la personne humaine. » « Notre rapport à la vie semble aujourd’hui en crise, dénonce le pape. Tout ce qui apparaît comme une “limite” – incapacité, maladie, vieillesse, souffrance, vulnérabilité – tend à être perçu avant tout comme un défaut à corriger, plutôt que comme un espace où l’humain mûrit et s’ouvre à la relation. Or, nous devons nous rappeler que l’humain ne s’épanouit pas malgré la limite, mais souvent à travers la limite. » Et le pape de mettre en garde tous ceux qui veulent promouvoir « une vision antihumaine, selon laquelle la plénitude de la vie consisterait à avoir plus, à réduire la fragilité, à éliminer l’imprévu, à contrôler chaque chose ». La charge est directe et forte contre les courants transhumanistes et posthumanistes « qui interprètent le progrès comme un dépassement de l’humain », « colonisent l’imaginaire collectif » au nom « d’une vision futuriste de l’“homme amélioré” ou de l’“homme hybridé” avec la machine ».

Éviter un numérique privé tout-puissant

Dans ce nouveau monde, le pouvoir est de plus en plus transféré des États à « de grands acteurs économiques et technologiques qui, dans les faits, fixent les conditions d’accès, les règles de visibilité et les possibilités de participation », constate Léon XIV. Ajoutant : « lorsqu’un pouvoir d’une telle ampleur se concentre entre........

© Le Point