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La crise silencieuse du langage à l’école

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tuesday

En 2008, dans mon livre Tableau noir, la défaite de l’école (Denoël), j’expliquais combien une part conséquente de mes élèves souffrait d’une réelle déshérence linguistique, doublée d’une incapacité à construire une pensée articulée par manque de vocabulaire et de maîtrise de la syntaxe. Je me souviens que ces élèves de 14-15 ans ne parvenaient pas à raconter le film qu’ils avaient regardé la veille à la télévision. À l’époque, ils regardaient encore la télévision…

Je me souviens aussi que Le Monde des livres avait alors qualifié mon livre de « catastrophiste ». C’était pourtant un article de Frédéric Potet, dans ce même journal, intitulé « Vivre avec 400 mots », qui avait été à l’origine de ma réflexion sur cette question. Aujourd’hui, soit dix-huit ans plus tard, dans sa circulaire de rentrée, le ministre de l’Éducation nationale semble faire le même constat. Son propos est bien évidemment de portée générale, mais il signifie bien que les problèmes sont réels et profonds.

Quand le ministre de l’Éducation nationale Édouard Geffray affirme ainsi que « l’acquisition du langage, c’est-à-dire de la capacité croissante à élaborer une pensée complexe, est notre premier objectif pédagogique, dans toutes les disciplines », ne nous explique-t-il pas que des élèves, au sein de notre école, rencontrent de vrais obstacles pour construire une pensée structurée ?

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