Iannis Roder : « Il serait trompeur de limiter ce mouvement lycéen à une simple manipulation politique »
Face au mouvement lycéen et aux revendications qu’il porte, je me suis rapidement posé une question : pourquoi maintenant ? En effet, la situation quotidienne des lycées n’a rien de neuf, que l’on parle des locaux, du manque de matériel ou de professeurs.
Mon propos ne portera ni sur la violence du mouvement, néanmoins surprenante parce qu’immédiate et brutale, ni sur la manipulation par la gauche radicale qui, bien évidemment, a su se saisir de l’instant pour infiltrer largement cette révolte, y trouvant un terreau favorable. D’abord parce que l’adolescence est l’âge de la recherche de sens, de radicalité, de révolte dont LFI sait se faire le porteur en répondant à cette demande sociale. Il serait, selon moi, trompeur de limiter le mouvement lycéen à une manipulation.
Il paraît évident qu’un élément cristallise les colères des jeunes qui bloquent les lycées, même privés, mais aussi les universités et écoles, même les mieux loties. Cet élément, c’est Parcoursup et il n’est pas étonnant que ce mouvement soit parti de lycées de banlieue, de Créteil et de Saint-Denis. Il surgit tel un couperet dont les élèves prennent conscience dès la classe de première. Jusqu’alors, beaucoup avaient avancé sans heurt dans un système scolaire qui leur laissait croire que tout demeurait accessible, simplement et presque naturellement.
Parcoursup, un violent rappel au réel
Parcoursup constitue souvent le premier véritable obstacle de leur parcours d’élève et leur........
