Lectures de la semaine : Nathan Devers, Marin de Viry, Otelo de Carvalho
Mes lecteurs les plus attentifs se souviendront peut-être de ce Bloc-notes que j’avais intitulé, en 2020 : « Retenez bien ce nom : Nathan Devers » (Le Point n° 2498). Six ans après, ma recommandation est devenue vaine. Car les journaux, désormais, courtisent le jeune écrivain. Les télévisions se le disputent. Les libraires savent qu’un texte signé de lui ne passera pas inaperçu. Et le dernier en date, Aimer Jérusalem (Gallimard), est, de l’avis général, une réussite. Quelle est la généalogie d’Israël, se demande-t-il ? Qu’est-ce qui fonde l’État miraculeux inventé par David Ben Gourion, Menachem Begin et Yitzhak Rabin ? Et quel rapport le peuple juif, dont l’histoire fut si longtemps celle d’un exil, entretient-il avec sa terre ? La réponse de Nathan Devers, par ailleurs éditeur de La Règle du jeu, est simple comme, souvent, les idées fortes. Un livre. Un peuple-livre. Une nation dont la grande aventure, le secret le plus profond sont d’habiter un livre qui a survécu à toutes les catastrophes et l’a continûment engendrée. C’est pourquoi un Israélien est à la fois, et pour la même raison, l’héritier des prophètes bibliques, le dépositaire d’une mémoire sans équivalent dans l’Histoire et le citoyen d’un État moderne, démocratique par vocation et étranger à toute forme, fût-elle juive, du culte barrésien de........
