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BHL – Le feu

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tuesday

Ces flammes. Ces brasiers géants qui occupent nos écrans et imposent leurs couleurs aux jours et aux nuits d’été. Ces visions d’apocalypse que l’on découvre au petit matin, quand le vent a tourné, que le feu s’est éloigné et que les arbres ne sont plus que des silhouettes calcinées. Nous regardons ces images comme si c’étaient celles de villes bombardées. Nous entendons, sans parvenir à nous les représenter, le nombre vertigineux des hectares partis en fumée dans l’Aude, la Provence ou la forêt de Fontainebleau. Et pour les riverains des villages sinistrés, pour les habitants partis avec une valise, un album de photos, un chien, parfois rien, ce qui monte avec la fumée, ce n’est plus l’odeur du pin, du chêne, du maquis ou de la terre brûlée : c’est un parfum plus lourd où se mêlent les cendres, l’humidité des maisons éteintes, les souvenirs consumés, le sentiment d’une vie ruinée – et puis la certitude, maintenant, que les paysages aussi sont mortels.

Car qu’est-ce qu’un paysage ? Ce n’est pas un simple assemblage de forêts, de champs ou de coteaux. Ce n’est pas un fragment de territoire ou un accident de la géographie que l’on mesure et cartographie. C’est un être vivant. Un corps et une âme vulnérables. C’est une sédimentation de mémoire,........

© Le Point