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Vétocratie : le prochain président sera-t-il impotent ?

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17.09.2026

Les candidats à l’élection présidentielle ont-ils encore les moyens de tenir leurs promesses ? Il ne s’agit pas d’évaluer la volonté qui pourrait être la leur, mais bien, plus profondément, les marges de manœuvre qui s’offrent à eux. Devenir président de la République, c’est assumer la fonction de chef de l’État. Autrement dit, le pouvoir de celui qui l’emportera dépendra de la capacité de ce même État à changer le réel. Or, en la matière, l’organisation administrative n’a eu de cesse, depuis les années 1980, de contraindre l’État et de le rendre impotent, sans pour autant doter les collectivités territoriales de moyens d’action.

Cette question, posée aux aspirants présidents, se posait d’ailleurs dans les mêmes termes aux candidats aux municipales il y a quelques mois. Notre modèle de décentralisation peut être qualifié, pour reprendre le terme employé par Francis Fukuyama afin de décrire la sclérose du régime politique américain, de vétocratie. Nous avons peur du pouvoir, qu’il soit national ou local. Alors nous avons pensé le local comme contre-pouvoir à l’État, et l’État comme gardien du pouvoir local. L’impotence est dès lors partout, la capacité à régler les problèmes et à changer les choses nulle part.

Soit, ce constat est aujourd’hui assez largement partagé. Là où l’on reste cependant dubitatif, c’est que les solutions proposées par la plupart des partis politiques ne visent en rien à y remédier, mais au contraire à accroître l’impotence politique. Ainsi croit-on soigner le mal de ventre en buvant de la ciguë. Nouvelle idée à la mode : il........

© Le Point