Alliances à gauche aux municipales : le prix de la compromission
La politique commande de faire des compromis, mais elle devrait réprouver la compromission. Les alliances de la gauche républicaine avec La France insoumise à Toulouse, Lyon, Nantes, Limoges et Brest, bref à peu près partout où c’était utile, sauf à Marseille et à Paris, suscitent moins l’indignation que la tristesse. Les déclarations fermes des dirigeants socialistes à l’encontre du parti de Jean-Luc Mélenchon au soir du premier tour des élections municipales laissaient croire à un sursaut moral. Il n’en est finalement rien.
Et pourtant, comme on se serait réjoui d’une vigueur républicaine retrouvée des partis héritiers de Jean Jaurès et de Léon Blum, comme on aurait aimé que des femmes et des hommes soient encore capables de dire « non », sans se soucier du coût politique.
Ils auraient perdu des villes, c’est vrai, mais ils auraient aussi éprouvé du plaisir en renouant avec la part la plus noble de leur métier : celle des principes. En politique, il n’en faut pas trop, mais s’ils disparaissent, alors ce métier se résumera à un petit commerce : une voix contre une flatterie. Quel bonheur trouve-t-on à triompher grâce à l’aspect le plus mesquin de sa profession ?
Une gauche sous influence
Une fois les larmes séchées, il faut s’interroger. La France insoumise n’a pas progressé depuis 2024 et les dernières élections européennes, ; mais elle a résisté, en dépit des ressorts antisémites de son discours, de la brutalité de son ton et de son........
