Don Cherry? On s’en câl...
J’ai cru comprendre qu’ils sont nombreux à déchirer leur chemise publiquement parce que le Parti conservateur voudrait accorder l’Ordre du Canada à Don Cherry.
Et j’ai aussi cru comprendre qu’on s’attend à ce que les nationalistes jouent le rôle des indignés dans ce psychodrame.
Don Cherry est à sa manière un bouffon populaire canadien-anglais.
Dans ce pays, le Canada, absolument soumis à la rectitude politique, qui a d’ailleurs effacé symboliquement sa composante canadienne anglaise pour se soumettre au multiculturalisme fédéral, il représentait, pour ses fans, une bouffée d’oxygène.
Il était évidemment grotesque et insultant pour les Québécois, qui dira le contraire ? Je ne l’aimais évidemment pas, mais je ne ferai pas semblant de crier au meurtre.
Mais c’était ce qu’on pourrait appeler une hostilité de mononcle hargneux.
Deux peuples qui ne sont pas appelés à vivre ensemble, je parle ici du peuple canadien-anglais et du peuple québécois, sont appelés, de temps en temps, à se taper symboliquement sur la tête.
Il piétinait aussi les orteils de toutes les minorités du monde. Il manquait de délicatesse, évidemment, mais en dernière instance, je le redis, il s’agissait presque d’une forme d’humour involontaire.
En le plébiscitant, les conservateurs envoient un signal assez clair, évidemment démagogique : nous sommes avec les gens ordinaires qui en ont marre du système et des élites culturelles méprisantes.
Je vais plus loin : ce sont les Québécois indignés qui m’énervent dans cette histoire. Ils devraient plutôt se dire : si nous ne voulons pas vivre dans un pays qui a comme symbole de son identité populaire Don Cherry, nous n’avons qu’à le quitter.
Je me dis la même chose quand je les entends pleurer parce qu’à Winnipeg, on ne chante pas l’hymne national en bilingue.
Un moment donné, plutôt que de soumettre le Canada à nos caprices identitaires, nous pourrions nous prendre en main.
