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Mr Rousseau, we’ve got the message

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24.03.2026

Novembre 2021, Michael Rousseau, PDG d’Air Canada, prend la parole lors d’un événement de la Chambre de commerce du Montréal métropolitain. Mais c’est surtout ce moment précis où Pierre-Olivier Zappa lui pose une question en français et où le dirigeant démontre non seulement son incapacité à répondre mais, pire encore, à comprendre. 

Mars 2026, près de cinq ans plus tard, Michael Rousseau s’adresse au public dans une vidéo destinée aux victimes de la tragédie de LaGuardia. Il parle presque uniquement en anglais, à peine ponctué d’un bonjour et d’un merci. Le reste ? Sous-titré en français, comme un service minimum, presque mécanique.

Cette fois, pourtant, aucune improvisation. Un télésouffleur, un texte préparé, la possibilité de recommencer. Il n’avait qu’à lire, qu’à essayer. Et malgré cela, Michael Rousseau ne fait même plus semblant d’essayer.

On peut admettre que l’apprentissage d’une langue n’est pas donné à tous. On peut même supposer qu’il n’a pas eu cette facilité. Mais refuser de lire un message écrit, refuser de s’adresser directement à des familles endeuillées dans leur langue – une langue fondatrice de ce pays –, c’est un choix.

Michael Rousseau ne parle pas français parce qu’il ne veut pas parler français. Il faut cesser d’imaginer les excuses. Ce n’est pas une question de capacité, c’est une question de volonté.

Chien de chasse édenté 

Cette vidéo dépasse le simple malaise. Ce n’est pas seulement un manque de respect envers les francophones, envers les familles touchées, envers le Québec. C’est un mépris assumé pour la Loi sur les langues officielles, à laquelle Air Canada est pourtant assujettie. C’est un message clair : « cause toujours ». Et le commissaire aux langues officielles ? Réduit à un rôle symbolique, un chien de chasse édenté comme on dit désormais.

Le problème n’est plus individuel, il est institutionnel. C’est maintenant au conseil d’administration d’Air Canada de faire son travail : évaluer son dirigeant, imposer le respect des obligations légales, exiger la conformité.

Sinon, à quoi sert-il, ce conseil ?


© Le Journal de Montréal