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Violence chez les ados: agressions et humiliation

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01.03.2026

Autrefois, une bagarre d’école éclatait dans la cour et se terminait à la sonnerie. Aujourd’hui, on ne frappe plus seulement pour blesser. On frappe pour diffuser, le cellulaire à la main.

La quête de la viralité est devenue tendance, peu importent les impacts sur les victimes : humiliations publiques, menaces de mort, passages à tabac planifiés.

Le plus frappant n’est pas seulement la violence, mais sa mise en scène.

La caméra n’est plus un témoin. Elle est complice.

La violence devenue performance

La violence adolescente n’est plus uniquement impulsive. Elle est performative.

On frappe sous les encouragements. On attend que quelqu’un filme et on diffuse. On continue d’en rire après les faits, comme si tout était irréel.

L’agression n’est plus un acte de violence, elle devient un contenu. Les réseaux sociaux la transforment en capital social. Plus la vidéo choque, plus elle circule. Plus elle circule, plus elle confère une notoriété.

Dans cette logique, l’humiliation devient un levier de pouvoir. La victime ne s’appartient plus. Son image est exposée, commentée, partagée.

Et, l’agresseur est dans une quête de visibilité. Une prise de pouvoir totale !

Quand l’empathie s’efface derrière l’écran

Commettre et filmer une agression exigent une distance émotionnelle. Regarder et encourager sans intervenir demandent un détachement.

L’effet de meute, amplifié par la perspective d’une diffusion virale, gèle l’empathie individuelle. On n’est plus seul responsable. On est porté par le groupe.

Puis, vient la diffusion. L’écran crée une distance et l’empathie disparaît sous la pluie des « likes ».

Derrière cette foule numérique, l’algorithme récompense ce qui choque. La violence devient alors rentable.

Les nouvelles générations ne sont pas plus violentes. Elles vivent dans un environnement qui amplifie, récompense et archive la violence. Elle ne s’arrête plus quand les coups cessent. Elle devient une trace numérique persistante.

Je vais m’adresser aux parents. Oui, l’école a un rôle de prévention à jouer. Oui, les gouvernements devraient cesser de se mettre à genoux devant Meta et les autres plateformes. Cependant, les parents sont les premiers gardiens de leurs enfants, ceux qui leur donnent des racines solides.

Arrêtons de nous déresponsabiliser ! Arrêtons de choisir la facilité en laissant un écran remplacer la présence adulte ! Les réseaux sociaux devraient être interdits aux moins de 16 ans.

Un enfant n’a pas la maturité neurologique pour résister à la pression des « likes », à l’effet de groupe et à la viralité. C’est à nous de poser des limites, d’enseigner la bienveillance et l’empathie.

Oui, ça s’apprend et se ressent par l’exemple.

La sensibilisation doit commencer tôt, dès 7 ans. Parler de violence, de cyberviolence, expliquer ce qu’est un complice, apprendre à dénoncer. Avoir le cœur à la bonne place !

Un parent qui transmet l’amour et le courage forge un jeune enraciné, capable d’affronter les tempêtes sans chercher la validation d’autrui, parce qu’il sait qui il est.


© Le Journal de Montréal