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Sexe et genre: retour au bon sens?

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Les sociétés finissent habituellement par sortir des égarements idéologiques dans lesquels elles s’enfoncent, qui laissent cependant derrière eux des dégâts considérables.

Le vent tourne sur la question du genre et du sexe.

Plusieurs mineurs ont subi des chirurgies pour transitionner.

La plus fréquente de ces chirurgies est la double mastectomie.

Combien de cas selon le pays ? Quels sont les taux de satisfaction et de regret ?

C’est une furieuse bataille de chiffres dans laquelle une chatte ne retrouverait pas ses petits.

Jusqu’ici, la position dominante dans le monde médical était d’engager vite la transition, d’abord par des bloqueurs de puberté.

L’argument principal était la détresse et les risques de tentatives de suicide.

Cette approche était surtout promue par l’organisme considéré comme l’autorité mondiale en cette matière : la World Professional Association for Transgender Health (WPATH).

Médecins, gouvernements, assureurs et tribunaux suivaient globalement ses lignes directrices.

Plaider la retenue en invoquant la prudence était difficile, voire professionnellement risqué.

Or, le 3 février, l’American Society of Plastic Surgeons a émis la recommandation de reporter toutes les chirurgies de transition chez les adolescents après l’atteinte de la majorité.

L’État de la Floride poursuit présentement la WPATH devant la justice, l’accusant notamment d’avoir délibérément minimisé les risques et dissimulé les résultats défavorables à ses vues.

À New York, Fox Varian, une jeune femme aujourd’hui âgée de 22 ans qui avait subi une double mastectomie à l’âge de 16 ans, vient se faire accorder 2 millions de dollars de dédommagement dans le cadre d’une poursuite pour faute médicale.

Plus largement, en Grande-Bretagne, le plus haut tribunal du pays a récemment statué que les droits des femmes doivent être liés non pas à leur identité de genre (comment on se sent), mais à leur sexe biologique, qu’il ne faut pas amalgamer les deux, et qu’il faut conserver des espaces strictement féminins.

Le Comité international olympique prépare de nouvelles règles pour assurer l’équité et la sécurité des sports féminins.

Imane Khelif, qui remporta une controversée médaille d’or aux JO de Paris, n’a participé à aucune compétition internationale de boxe depuis l’introduction des tests obligatoires de vérification du sexe.

Le Canada tarde à se joindre à ce mouvement de réconciliation avec la réalité scientifique.

Certes, au Québec, le rapport du Comité des sages de 2025 différenciait sexe et genre, affirmait que le sexe biologique était binaire, et concluait que les anomalies ne constituent pas un troisième sexe (section 1.1.1, page 18).

Cependant, tant Ottawa que Québec permettent à une personne de changer la mention de son sexe sur ses documents officiels sans évaluation professionnelle, sans traitement médical, sans chirurgie.

Une déclaration sur l’honneur suffit.

Par définition, si le sexe est biologique, il est immuable. Changer de sexe est donc une impossibilité.

Ensuite, libre à chacun de se percevoir et de mener sa vie comme il le veut.

Le respect, oui, le congédiement de la science, non.

Le Canada se pensait à l’avant-garde sur ces questions.

Il se trompait lourdement.


© Le Journal de Montréal